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L’année 2016 touche bientôt à sa fin, elle est passée à toute allure. Cette année restera à jamais gravée en moi puisque je suis devenue maman. Le temps me file entre les doigts, et j’ai l’impression que chaque jour qui passe est un jour qui m’éloigne des moments précieux déjà partagés avec lui. Même si je n’oublie rien, mes souvenirs commencent à s’estomper, tout n’est plus aussi clair alors le temps d’une lettre, j’ai décidé de lui dire ce que je ressens à cet instant présent. J’ai longtemps hésité à publier cet article, pensant que c’était trop intime ou que ça n’intéresserait pas, mais après tout mon blog c’est un peu comme chez moi alors j’ai cliqué sur « Publier ».

Mon fils,

A ce moment même où j’écris ce message, je suis en train de te regarder dormir. Tu as l’air si paisible, la vie n’a pas encore entaché ton âme d’enfant, comme si tu sentais au plus profond de toi que tu es aimé. Voilà déjà plus de 7 mois que je t’ai rencontré, 7 mois que le vide en moi qui me pesait tant a été comblé. En prenant ta première inspiration, en naissant, tu m’as fait renaître. Ce jour là je n’ai pas de suite réalisé que j’allais jouer le plus beau rôle de ma vie, mais j’étais sûre d’une chose : je me sentais à ma place pour la première fois, c’était là que je devais être, entourée de toi et de ton père.  Sache que notre famille compte plus que tout pour lui, tu es sa plus grande fierté.

J’ai appris à t’aimer et à te connaitre avec tes mimiques, ton regard, ton petit caractère qui commence à se dessiner, mais j’ai surtout découvert le plus pur des amours, celui qui donne sans arrière pensée, sans rien attendre. Je t’avoue que je suis un peu perdue face à tout ça, j’ai peur de ne pas te donner assez, peur que tu ne te sentes pas entouré. J’ai cette impression étrange qu’une vie entière ne me suffira pas à profiter de toi. Chacun de tes éclats de rire est magique, c’est une bénédiction. Je suis chanceuse d’être ta maman.  J’ai beaucoup appris en redécouvrant la vie à travers tes yeux.  J’ai besoin de toi autant que tu as besoin de moi.

Je ne dis pas que je suis parfaite, bien au contraire. A l’annonce de ma grossesse, j’ai eu peur à l’idée de devenir maman ! Et si je n’étais pas assez bien ? Je m’excuse auprès de toi si parfois je fais mal les choses, si je râle, si je suis trop fatiguée mais sache que je ferai toujours tout mon possible pour toi. Tu me rends meilleure, tu m’obliges à me surpasser.

La vie n’est pas toujours douce, pas toujours gentille et je ne pourrai pas t’empêcher de souffrir. Je peux juste te promettre que je te tiendrai la main pour t’accompagner, t’aider à avancer. Je t’envelopperai de tout mon amour et un jour, tu lâcheras cette main pour voler de tes propres ailes.

Un jour tu seras un homme, en attendant je profite de tes rires, de tes câlins, de tes sourires, de ton odeur, de ton regard, de tous nos moments. Je veux graver chaque instant dans ma mémoire. Je suis un peu triste quand je pense que je ne pourrai plus jamais revivre tout ça avec toi mais je sais que le meilleur reste à venir. Il y aura tes premiers pas, tes premiers mots, ton premier jour à l’école, ton premier amour, tellement de souvenirs à construire ensemble.

Sache qu’à cet instant et pour toujours, quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, peu importe la voix que tu empruntes, je t’aimerai et te protégerai. Merci d’être entré dans ma vie.

A toi mon fils, je t’aime.

Je sais que je suis pas une poète, ma lettre est sûrement maladroite, pas très bien écrite, mais je l’ai faite avec mon cœur. Pour finir cet article, je vous laisse lire l’oeuvre d’un vrai poète qui prend à présent tout son sens.

SI… TU SERAS UN HOMME, MON FILS

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard Kipling.