Aujourd’hui je voulais vous parler tout simplement, vous confier mes états d’âme de maman.

On nous parle souvent de la fameuse angoisse de séparation du bébé lorsqu’il a environ 9 mois. Je m’attendais à avoir des cris, des pleurs, qu’il ait peur des étrangers…à dix mois il ne fait rien de tout ça. Il est comme tous les bébés, intrigué dès qu’il voit une nouvelle personne ou que son environnement est changé. C’est même un bébé très sociable qui adore faire de l’oeil aux jolies filles (oui un vrai petit séducteur déjà ). Il n’y a pas d’angoisse de son côté…mais du mien oui.

Je me suis posée la question : et si finalement c’était la maman qui la faisait cette angoisse de séparation ? Car après tout, on le porte pendant 9 mois, c’est une partie de nous, un prolongement de soi. 9 mois c’est la période pendant laquelle il commence à être un peu plus autonome. Il sait jouer tout seul, nous fait comprendre ce qu’il veut ou ne veut pas, part à la découverte du monde, tient son biberon tout seul. Il a besoin de nous, certes, mais plus de la même façon.

Je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de faire garder bébé si ce n’est quelques heures par ses grands mères, mais en ce moment c’est au dessus de mes forces.

Plusieurs projets se dessinent pour notre famille et au lieu d’être heureuse, je m’enfonce confortablement dans une sorte de mélancolie et de nostalgie. Tout changement me ramène à Monsieur bébé quand il était petit, à ma grossesse, et j’ai les larmes aux bords des yeux de me dire que c’est déjà loin tout ça.

J’ai eu un appel concernant un éventuel travail, ma première réaction a été de pleurer, je ne voulais pas l’abandonner. J’ai la gorge serrée rien qu’en pensant que peut être je ne verrai pas ces premiers pas. En ce moment je ressens même le besoin presque viscéral de dormir avec lui, alors qu’il dort dans sa chambre depuis la sortie de la maternité et que tout se passe bien.

Il parait qu’une naissance fait ressortir toutes les angoisses de l’enfance, nous renvoie à nos propres traumatismes. En y réfléchissant bien, il ne faut pas être psychologue pour dire que mon angoisse est certainement liée à mon histoire. Sans rentrer dans les détails, ma plus grande peur n’est pas une peur physique mais bien celle de l’abandon. j’ai dû me construire avec une case vide, un manque, et mon fils a su m’apporter ce qui me manquait. Sauf que je n’ai pas le droit de lui faire porter ce fardeau sur ces si petites épaules. Un enfant n’est pas là pour panser les plaies de ses parents.

Il mérite que je le laisse prendre son envol, il faut que j’apprenne à le laisser… On dit souvent qu’aimer une personne c’est apprendre à se séparer d’elle. Et pourtant je n’arrive pas à chasser ce vague à l’âme, ce sentiment au plus profond de mon être qui me dit de rester avec lui.

Je vous rassure je ne suis pas de celles qui refusent totalement qu’on prenne leur bébé. Je suis simplement une maman louve qui veille sur son enfant. C’est juste qu’en ce moment c’est simple : je n’y arrive pas. Après tout, est-ce mal qu’un bébé grandisse entouré par l’amour de sa mère ? J’ai dû mal à me dire qu’être avec sa mère est plus mauvais qu’aller en crèche, être chez la nounou ou être gardé par une personne de l’entourage.

Vient ensuite la culpabilité, il y a toujours cette pression de la mère parfaite que la société veut nous imposer. Si on travaille on est une mauvaise mère, si on décide d’être à la maison ça n’est pas bien pour eux…En ce qui me concerne, je pense que ça dépend de l’enfant et de ce qui est nécéssaire à l’équilibre de la mère, sans parler que parfois on a tout simplement pas le choix. Certaines diront sans doute que je suis un peu trop excessive, mais si j’arrivais à contrôler ça, je ne serai pas là en train de vous parler.

Et dire qu’avant ma grossesse et même encore pendant, avoir un enfant n’était pas une évidence. Aujourd’hui, rien que de penser à le laisser chaque jour de la semaine, j’ai l’impression d’étouffer, de ne pas réussir à sortir la tête hors de l’eau.

Tout ça pour vous dire que le bébé se rend compte qu’il est une personne à part entière, et même si c’est le papa qui a coupé ce cordon à la maternité, la maman doit aussi le faire….Je n’aurais jamais pensé que ça allait être aussi insurmontable pour moi. C’est peut être bête mais c’est bien plus dur ça, que ses pleurs ou la fatigue (même si c’est pas facile tous les jours).

je sais que j’y arriverai mais là tout de suite, je ne m’en sens pas capable, du moins pas d’un coup, pas aussi brutalement du jour au lendemain.

En attendant, je vous embrasse et je vous dis merci d’être de plus en plus nombreux à venir me rendre visite sur le blog.