Hier Monsieur bébé n’était pas décidé à dormir, puis voilà que la magie a opéré : il a fait une sieste de 3h. Vous allez me dire que c’est bien, que j’ai dû enfin avoir du temps pour moi ou pour régler des choses importantes et bien non. Je me suis retrouvée presque démunie, ne sachant que faire puisqu’il dormait, comme si une fois le rôle de maman mis en veille, je n’arrivais plus à rejouer celui de la femme.

Je suis persuadée qu’en tant que maman vous avez déjà vécu ce genre de situation. Vous voulez qu’il dorme, mais quand il le fait vous ne savez plus quoi faire. Vous voulez qu’il fasse ses nuits et quand il le fait, vous passez quand même la nuit éveillée à aller le voir. On voudrait aussi le faire garder ou avoir un moment pour soi et quand c’est le cas et qu’il passe des vacances chez papi et mamie, et bien il nous manque et on aspire qu’à une chose c’est de le retrouver. Le matin je rêverais qu’il dorme plus tard et je râle (souvent) quand il me sort de mon sommeil, mais dès que je rentre dans sa chambre et qu’il me sourit, j’oublie l’instant d’avant.

Il y a alors un mot qui définit bien ce sentiment que l’on rencontre lorsque l’on est maman et que j’essaye tant bien que mal de vous décrire : l’ambivalence. j’ai comme une impression qu’il y a sans cesse une dualité, un combat intérieur entre la femme et la mère, entre ce qu’il faudrait qu’on fasse et ce qu’on veut réellement.

D’aussi loin que je me souvienne, et ce bien avant de devenir maman, j’ai toujours eu ce genre de personnalité, cette dualité. Je ressens presque ce besoin d’être en bas pour apprécier les hauts, me sentir mal pour me sentir bien, toucher les ténèbres pour effleurer le soleil…un éternel combat interne, sans cesse à me poser des questions en oscillant entre deux états sans jamais véritablement trouver cet équilibre entre les deux : la paix intérieure.

La maternité a exacerbé ce sentiment tout en l’apaisant. C’est très paradoxal ce que je viens de dire mais c’est la vérité. Tous les sentiments sont amplifiés et pourtant, je me dois d’avoir cette paix, de m’améliorer de trouver cet équilibre, tout ça pour que Monsieur bébé grandisse sereinement. La dualité s’exprime tout simplement d’une autre façon.

En effet lorsque l’on devient maman elle s’inscrit en nous. Il se déroule alors une guerre à laquelle on ne s’attendait pas forcément, entre la mère qu’il faut qu’on soit et la femme que l’on est.

La plupart du temps la partie de nous que l’on met en sommeil est celle de la femme. On se donne entièrement à nos enfants et un jour on se rend compte que nos épaules ne peuvent plus tout supporter, que l’on est une personne avant d’être une maman. Le constat est sans appel : on s’est oublié, et parfois on ne se reconnait même plus. Souvent cette remise en question s’accompagne de culpabilité.

Il faut alors apprendre à lâcher prise. Ce n’est pas toujours facile. Se dire que si l’on ne contrôle pas tout, si on atteint pas l’image de la mère parfaite ce n’est pas grave. Je suis sûre que vous avez déjà vécu cela : vous confiez bébé à quelqu’un de votre entourage, ou vous demandez de l’aide au papa pour vous soulager et au lieu d’en profiter, vous êtes tellement une maniaque du contrôle qu’au final vous reprenez les rênes.

Comme beaucoup lorsque je vais faire du shopping, je reviens souvent avec quelque chose pour lui. Alors oui ça me fait plaisir (peut-être même plus à moi qu’à Monsieur bébé) mais de temps en temps se faire plaisir à soi-même met du baume au coeur.  J’en étais arrivée à un point où je me préparais en deux minutes top chrono. Je ne ressemblais plus à la femme que je connaissais. Bien sûr qu’elle a changé en devenant maman, mais elle aimerait parfois être un plus mise en avant.

J’adorais me maquiller avant bébé mais depuis qu’il est là je ne le fais plus ou que très rarement car il faut que je m’occupe de bébé, puisque je le garde à la maison. Il faut que je sois encore plus à la hauteur, comme si j’avais la pression et que l’on m’observait. Je me dois de le stimuler, de l’éveiller. Mais j’ai appris, j’ai appris que de le laisser 15 minutes jouer sur son tapis pendant que je me maquille ne fait pas de moi une mauvaise mère,  la femme et la mère peuvent très bien cohabiter.

Il y aussi des jours, des jours pendant lesquels je repense à ma vie d’avant, celle à deux. Je repense à ces moments où l’on pouvait être spontanés, où tu pouvais partir quand tu voulais sans avoir à déménager ta maison, à penser qu’à soi. Et pendant ces moments là je m’en veux, je m’en veux de voir mon enfant comme un poids et non comme une bénédiction alors qu’il est tout pour moi.

Parfois nos enfants nous agacent, nous fatiguent et on a le droit de vouloir s’évader. Cela ne veut pas dire que l’on ne les aime pas, bien au contraire.

Tout ça pour dire que je pense que tout est une question d’équilibre. L’arrivée d’un bébé redistribue les cartes on doit jouer un nouveau rôle. Celui-ci ne doit pas se faire au détriment du précédent. Le tout est de s’en rendre compte et d’essayer de ne pas s’oublier. La femme et mère peuvent être en paix.

On parle de ce concept de bienveillance envers les enfants mais moi j’aimerais vous dire, à vous les mamans : ayez aussi de la bienveillance envers vous-même. Je ne dis pas que c’est facile car je suis la première à ne pas toujours le faire, mais ça passe par de petits gestes au quotidien. Prenez soin de vous, et même si vous avez rangé vos envies et rêves dans un coin de votre tête pour mettre en avant ceux de vos enfants, ne les oubliez jamais. 

Vous êtes toutes de magnifiques femmes.

Je vous embrasse.