Bonjour à tous, me revoilà aujourd’hui pour vous parler livre. Cela fait très longtemps que je n’avais pas écrit de chronique littéraire (pour voir les anciennes cliquez ici et ) et ça me manquait. J’avais un peu abandonné car ce sujet vous intéressait moins que les autres et pourtant, ceux qui me connaissant savent que lire est toute ma vie. J’ai besoin de la lecture et des mots car ils m’enrichissent, me font rêver, me font rire parfois, ou encore permettent de me remettre en question.

Le point positif avec le déménagement est qu’en faisant le tri, je suis retombée sur des petites merveilles et je me suis mise à relire des livres que je n’aurais très certainement plus regardés si je ne les avais pas mis en carton.

Je voulais donc vous parler de Paranoïa de Melissa Bellevigne. Pour la petite histoire, je me rappelle avoir précommandé le livre lorsque j’étais enceinte de Monsieur bébé et je ne savais pas si j’allais le recevoir avant ou après mon accouchement.

L’auteure

Melissa Bellevigne, jeune maman de deux garçons est plus connue sous le pseudonyme GoldenWendy. En ce qui me concerne c’est une référence dans la blogosphère et c’est elle qui m’a donnée envie de me lancer dans cette aventure. Elle a toujours aimé les mots et sait trouver ceux qui nous touchent. Elle aborde des sujets comme la confiance en soi, la beauté ou encore la maternité.

Lorsqu’elle a parlé de l’écriture de son livre sur sa chaine you tube, j’avoue que je suis restée assez dubitative. L’année dernière c’était un peu à la mode et chacune des personnalités connues sur le net sortait son livre, mais cela allait de la biographie à des conseils mode et beauté. Elle, c’était un roman, son troisième bébé comme elle l’appelle. J’étais intriguée par le titre et la phrase d’accroche « l’une est la seule à le voir, l’autre est la seule à la croire ».

J’ai fait le choix de rester assez vague sur Mélissa car j’ai eu la chance d’échanger un peu plus avec elle, vous découvrirez bientôt le portrait d’une femme inspirante, une personne qui a su se réaliser aussi bien personnellement que professionnellement.

Le Résumé

Lisa Hernest, psychiatre reconnue et spécialisée dans les cas complexes, est appelée à l’institut Saint-Vincent en périphérie de Paris. Elle va rencontrer sa nouvelle patiente : Judy Desforêt, internée pour paranoïa et hallucinations, enceinte de cinq mois et qui refuse de s’alimenter. Dès leur première entrevue, la jeune femme qui se dresse face à elle fait preuve d’une lucidité et d’un discernement hors pair. Et plus Lisa apprend à la connaître, plus leurs échanges viennent ébranler ses propres convictions professionnelles et personnelles. Entretien après entretien, Judy lui livre en effet une curieuse histoire, mêlant sa quête des racines familiales en Angleterre et la présence invisible d’un certain Alwyn, cet homme qui la suit comme son ombre depuis toujours. Progressivement, Lisa, l’experte en âmes fragiles, sent ses moyens lui échapper et Judy la déstabiliser. À mesure que les mois passent et que la date de l’accouchement approche, la vérité semble s’éloigner.

Mon avis

J’avais un peu peur que ce livre soit un peu trop axé adolescent mais pas du tout, je me suis vite laissée emporter par ce roman que j’ai lu d’une traite ou presque.

L’histoire est racontée sous deux angles : Lisa, une psychiatre qui a l’habitude de traiter les « cas difficiles » et judy sa patiente enceinte souffrant de paranoïa et d’hallucinations. Cependant, ne croyez pas que ce livre parle des troubles mentaux de la manière à laquelle on s’y attendrait. A travers le roman se mêlent de la romance, du fantasque, et de la psychologie.

En commençant la thérapie avec Judy, Lisa est loin de se douter que les confidences de sa patiente vont trouver écho en elle et vont mettre à rude épreuve ses propres croyances jusqu’à faire voler en éclats sa vie.

Après voir parcouru les avis des autres lecteurs, beaucoup ont pensé que la patiente accordait trop vite sa confiance en Lisa alors qu’elle ne parlait à aucun autre médecin. Je ne suis pas forcément du même avis car je ne sais pas pour vous, mais il y a comme ça parfois des personnes vers qui on se tourne spontanément alors qu’on ne les connait pas, des personnes à qui on en envie de se confier parce qu’au plus profond de nous-meme on sait qu’elles nous ressemblent, que notre histoire saura résonner en elles. C’est presque une sensation qui ne s’explique pas.
Et c’est ça que j’ai aimé, les deux destins bien que différents s’entrecroisent et il est facile de faire le lien entres les deux

Je pensais que j’allais plus facilement m’attacher au personnage de Lisa et finalement j’ai trouvé très touchante la fragilité de Judy. A peine commence-t-elle à parler que l’on veut savoir la suite de son histoire : qui est cet Alwyn qui l’accompagne depuis la naissance et que personne ne peut voir ? Que lui est-il arrivé pour qu’elle s’isole dans son silence ? Pourquoi refuse-telle la vie qui est en elle ?

Melissa aime jouer avec nous car les réponses à ces nombreuses questions ne sont pas celles que l’on croit et n’arriveront qu’à la fin de l’histoire.

S’en suit un flashback permettant de retracer son cheminement, celui qui l’a emmené à être internée. On part avec elle dans une quête effrénée en Angleterre à la recherche de ses origines, accompagnée de ce fameux Alwyn qui se révèlera être une clé de l’énigme. En parallèle, la vie de Lisa nous ramène à la réalité : ses questionnements, ses envies, son couple qui part à la dérive. Cependant à côté du récit de Judy, les questions de Lisa sur sa vie nous paraitraient presque insignifiantes. Peut être est-ce la volonté de l’auteure de faire un contraste aussi important ?

Il y a deux autres personnages qui entrent en jeu, ce sont les hommes qui accompagnent les deux femmes. D’un côté il y a Paul, le mari de Lisa qui selon moi n’apporte pas grand chose à l’histoire en elle-même, si ce n’est qu’il est délaissé par une femme s’impliquant bien plus qu’il ne faudrait avec sa patiente. Et surtout il y a Alwyn.

En ce qui me concerne c’est celui que j’ai préféré. Je ne sais pas pourquoi mais j’arrive très bien à me le représenter. Il suit Judy depuis sa plus tendre enfance mais elle seule peut le voir. Il l’accompagne à chaque instant de son existence, la conseille, la protège.

Et c’est là où Melissa est très forte car au départ j’avais les mêmes convictions que l’entourage de Judy en ce qui concerne sa paranoïa et ses hallucinations, et au fur et à mesure du livre, elle distille des petits détails, des informations qui font que je remets ma théorie en cause à chaque fois que je tourne la page. Je ne sais plus ce que je dois croire, je ne sais plus dissocier la réalité de la paranoïa.

Ainsi à la fin, alors que l’on pense avoir des réponses à nos questions, que l’on croit avoir toutes les clés en main, le livre finit par une scène qui sème le doute dans les esprits. Je crois que je me suis même demandée si ce n’était pas moi qui était en train d’halluciner.

Cette fin ouverte laisse tout un champ de possible et l’imaginaire est libre de l’interpréter comme il le souhaite. J’avoue que j’ai été frustrée au départ, j’ai eu l’impression de rester sur ma faim alors que j’en voulais encore (d’ailleurs si vous l’avez lu ou si vous allez le lire, venez me dire quelle est votre théorie pour la fin).

Bref pour conclure, j’ai adoré me replonger dans son livre et quand on le commence on veut immédiatement connaitre la suite, on est tellement intrigué que l’on a dû mal à le lâcher.

C’est une belle réussite pour un premier roman et je sais déjà qu’elle a fini d’en écrire un deuxième alors j’ai hâte de voir cela.

Je vous embrasse.