Humeurs·Maternité

Papa

rosepapa

Il y a des articles qui sont simples à écrire, pour lesquels les mots viennent tous seuls et il y a les autres. Ceux qui vous obligent à vous révéler, à mettre votre âme à nue. Et pourtant vous en ressentez le besoin, une envie presque obsédante de poser ces mots.

Je sais que je vais écrire et effacer, puis réécrire, que je vais avoir dû mal à trouver les mots, sans doute par peur de blesser mon entourage, celui qui n’est peut-être pas au courant de tout ce que je ressens exactement. Tout simplement poser des mots sur mes maux, sur mes cicatrices.

Pour ceux qui ont suivi, dans un dernier article, j’esquissais de manière très brève le fait que la fête des pères n’était pas forcément une période joyeuse. Je ne la fête pas, non pas parce que je n’aime pas ça mais parce que j’en suis contrainte. J’aurais tellement aimé devoir chercher un cadeau inutile à lui offrir, lui faire une carte mal dessinée étant plus petite, mais la vie en a voulu autrement.

Il y a un mot que le la vie m’a empêchée de prononcer : papa. Voilà comme vous l’aurez compris, et désolée si je plombe un peu l’ambiance, j’ai perdu mon père alors que je n’avais que deux ans et demi. Il avait à peine 30 ans. Je me rends compte encore plus maintenant que j’approche moi-même de cet âge, que c’était bien trop court, qu’il lui restait tant à vivre, à découvrir.

Il est une légende qui dit que les meilleurs partent les premiers, qu’ils ont peut-être une mission plus importante à accomplir. J’aime à penser, me raccrocher au fait qu’une personne ne peut pas juste disparaitre comme ça.

Oh oui il était un homme admirable, aussi posé et doux que ses frères étaient caractériels. Son surnom était le chat car il était calme, aimait observer son monde avant de parler. On dit aussi que je lui ressemble, au niveau du physique, mais également sur cette qualité d’observation. En effet si je pense que la situation ne s’y prête pas, je ne parlerai pas. Toutefois, Je ne pense pas être une aussi bonne personne que lui.

Ce n’est pas pour rien non plus que le chat est mon animal préféré depuis toute petite. Certaines personnes ne comprennent pas que ça soit si important pour moi d’avoir un chat, j’espère qu’ils liront ce billet. C’est sans doute un peu stupide, mais c’est presque comme s’il veillait sur moi, qu’il existait un peu à travers cet animal.

Je suis en paix avec son départ mais ce qui est le plus dur c’est l’absence de souvenirs, d’images dans ma tête. J’étais bien trop petite pour me rappeler de quoique ce soit, si ce n’est des bribes d’images qui sont tellement confuses que je ne sais plus distinguer la réalité de ce que je me suis imaginée. Je ne me souviens pas du son de sa voix, si ce n’est sur l’unique vidéo que je possède dans laquelle il m’appelait tendrement Clacla.

Et puis vous savez lorsque l’on est orphelin d’un parent, il y a des situations que seuls ceux qui ont perdu un parent comprennent. Quand à l’école, en début d’année on te demande de te présenter et de dire le métier de tes parents. Tu esquives la question par un silence, parfois cela ne suffit pas et quand la réponse sort de ta bouche, plus personne n’ose parler. De la même manière, les gens te regardent toujours avec cet air triste, en te disant « désolé » quand ils te parlent de tes parents mais je vous assure, je ne vous en peux pas vous n’y êtes pour rien. Vous ne pouvez savoir.

C’est aussi écouter les autres parler de leur père, de leurs moments en famille et les jalouser secrètement dans un coin. J’aurais moi aussi aimé être portée sur ses épaules pour voir un spectacle, j’aurais aimé vouloir me marier avec lui car c’était le plus beau papa, j’aurais aimé m’engueuler avec lui pendant la période rebelle de l’adolescence. J’aurais voulu qu’il me donne des conseils, qu’il me dise qu’à ses yeux j’étais la plus belle.

Malgré tout il faut avancer, apprendre à se construire comme on le peut, avec des cases vides. Souvent il y a des ratés, des blessures qui ne se referment pas, des sorties de chemin. Pour le moment je n’en parlerai pas mais sachez juste que je me suis souvent perdue, j’ai souvent malmené mon corps et mon esprit. Les plus grosses cicatrices ne sont pas toujours celles que l’on voit.

Par tous les moyens, chaque pas que je faisais, c’était pour essayer de chercher son approbation, qu’il soit fier de moi malgré tout.

Si je vous parle de tout ça c’est que j’ai longtemps été en colère, en larmes, à me demander Pourquoi ? D’une certaine manière, devenir maman m’a apaisée, enfin ce petit bout en moi qui me manquait a été comblé.

Un jour je dirai à Monsieur bébé qu’il a un papy des étoiles, un papy qui veillera toujours sur lui. Je n’ai qu’un seul regret, je donnerais tout pour que mon père voit son petit fils ne serait-ce qu’une seconde.

A vous qui me lisez, un père on en a qu’un et je sais que parfois ce n’est pas toujours simple les relations dans une famille, mais si vous le pouvez chérissez-le, dites-lui que vous l’aimez, que vous êtes fiers, que c’est en partie grâce à lui que vous êtes devenus la personne que vous êtes aujourd’hui. Passez du temps avec lui, appelez le. Prenez conscience de la chance que vous avez de pouvoir le faire.

A toi le chat, à toi mon petit papa,
j’espère que tu arrives à me voir de là où tu es.
Tu me manqueras toujours.
Je taime.

Clarisse

 

46 commentaires sur “Papa

  1. Et bien voilà, tu as réussi à me mettre les larmes aux yeux… Je sais maintenant d’où te viennent la douceur et la grande sensibilité que l’on ressent à travers tous tes écrits, à travers l’écran ! Je ne peux pas comprendre, comme tu le dis si bien… Mais je compatis, et t’envoie plein plein de réconfort (notamment pour ce week-end car j’imagine que ce sont des périodes difficiles).

    Je te souhaite que ton fils et ta famille te réconcilie avec ton histoire et ton passé…

    Bisous

    Virginie

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  2. J’ai versé ma larme, mes yeux sont brillants… jimagine au combien cet article a du etre difficile Mais il est parfait. Une amie a perdu son père l’année dernière elle na pas 30 ans… je ne peux imaginer la dureté de cette perte. Jen crèverais aujourdhui!
    Un beau billet ma douce Clarisse courage…

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  3. Coucou,
    Un très beau texte. Je comprends ta tristesse à l’approche de cette fête…. Ce n’est pas facile, tu étais si jeune.
    J’ai également perdu mon papa, mais mon histoire est différente de la tienne, c’était il y a bientôt 9 ans maintenant …. Il n’y a pas une journée que je passe où je n’ai pas une pensée pour lui. Ce qui a été très dur pour moi c’est son absence à mon mariage et M. le maire qui a rappelé dans son discours qu’il n’était plus là…. La naissance de mon fils il y a 2 ans…me dire qu’il ne rencontrera pas son papy. Mais au moins je lui aurait présenter mon mari, il l’aura connu quelques années.

    Je te souhaite du courage et il doit être fier de toi.

    Adeline

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    1. Oh oui toutes ces étapes importantes de notre vie de femme qu’on aurait aimé vivre avec lui, on ne peut s’empêcher de se dire qu’on aurait voulu qu’il soit là. J’aurais voulu qu’il me conduise à l’autel, qu’il rencontre mon mari, notre enfant !
      Merci et je suis que le tien est aussi fier de toi.

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  4. salut ma belle voila un article touchant et plein d’émotion je comprend ton sentiments c’est jamais facile de perdre un etre cher a n’importe quels age…je partage ta douleurs car mon mari a perdue son père il y a 10 jours et c’est son anniversaire et la fête père pas facile de gérer et pas facile pour moi non plus pour trouver les mots qui apaise
    je t’embrasse fort courage a toi bisous

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  5. Un article qui m’a énormément touché. Je t’envoie un millier de bisous et du réconfort pour que la fête de dimanche te soit plus douce.
    Tu as su trouver des mots à tes maux avec beaucoup de douceurs… Ton père serait fier de toi, tu es une belle personne Clarisse! Pleins de bisous

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    1. Oui, tu sais je pense souvent à ton papa aussi.
      Il y a des souvenirs qui m’ont marquée comme lorsqu’il regardait le grand prix de formule 1, quand il venait aux galas de danse…
      Qui sait, peut être qu’ils sont tous les deux la haut !
      Bises à toi et ta famille

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  6. Comme pour beaucoup j’ai les larmes aux yeux. Ton histoire me parle un peu, non pas que je l’ai vécue, mais mon grand barbu oui, il a perdu son papa a l’âge de 4 ans…il n’en parle jamais mais je sais qu’il y pense souvent. Lapin pose beaucoup de questions en ce moment sur son papy…gros bisous ma clarisse

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  7. Très beau texte, 😢. Ma peine est commune et différente. J’ai perdu mon papa lorsque j’avais 21 ans….et oui seul ce qui perdent un parent peuvent comprendre cette douleur. Et tu as raison j’ai des souvenirs des bons des moins bon et oui je donnerai tout pour avoir 1 minutes pour juste le serrer dans mes bras. Il ne connais pas mon métier, il a connu mon petit copain 2 mois il ne sait pas que ce petit copain est devenu mon mari . Qu’il m’a demandé en mariage et qu’on a eu 2 nanas!! Oui on avance , on continue mais différemment avec une souffrance caché. 😚

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  8. Tres bel article très touchant… Je n’aie pas perdue Mon pere de mort, Mais de vue, par Mon choix, malheureusement le mien n’est pas auSsi admirable que le tient, j’aurais aimé ! La fête des pères est de loin une fête joyeuse pour Tout le monde…! Je comprend totalement les remarques Quand tu est jeune à l’école 🙂 Je ne pouvais pas répondre aux questions sur le métier idem, sur le pays pareil.. je souhaite l’effacer, donc chaque chose qu’on me demande forcément est mal prise.. Bonne soirée à toi

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  9. Tes mots me touchent. Mon papa a perdu son père à l’âge de 16ans. K’ai toujours vécu avec ce trou qui lui a fait dans son coeur. Je l’ai toujours vu, s’obliger à accomplir des merveilles pour lui prouver qu’il réussi. Je suis de tout mon coeur avec toi. Ton papa chat doit être vraiment fière de toi. Tu es un réel coup de foudre blogesque, qui me tend à découvrir une personne extraordinaire !! Je t’embrasse tendrement ma belle, plein de rayons de soleil dans ton coeur, et de jolis sourires ❤

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    1. Je ne sais pas si c’est parce qu’en ce moment je suis fatiguée mais ton message me fait pleureur.
      C’est ça en fait chaque pas que tu fais, tu le fais pour chercher l’approbation du parent parti trop tôt et généralement on trouve que rien n’est assez bien. On est bcp exigeant avec soi même.
      Tu es aussi mon coup de cœur bloguesque, j’ai tellement l’impression que nous sommes pareilles, je ressens que tu es sensible aussi.
      Je t’embrasse ma douce.

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  10. Je crois que dans l’émotion, mon commentaire s’est effacé. Tu m’as beaucoup touchée. J’ai perdu mon papa plus tard, il y a 10 ans. Et il me manque chaque jour. J’aurais aimé qu’il connaisse ses petits enfants, il aurait été un merveilleux grand père. Je leur en parle régulièrement. En même temps, j’ai des souvenirs de lui depuis son départ, comme le jour de notre mariage alors qu’il n’était déjà plus là. Comme s’il continuait à nous accompagner, autrement. Et je rejoins complétement ta conclusion : malgré les différends, les problèmes, les petites histoires propres à chaque famille, n’oublions pas d’aller à l’essentiel…

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  11. En lisant le début de ton article hier, j’ai fermé la page…
    Je me suis dit « hum… Pas emballée ».
    Et puis ce matin,posée dans un train parisien, je prends le temps de te lire.
    Et je me sens obligée de te présenter mes excuses pour cette réaction.
    Tu te livres avec tant de sincérité, chaque mot est minutieusement choisi… Encore une fois, je suis très touchée… Comme lorsque que lis un roman qui te bouleverse au moins pour la journée.
    Ton papa te regarde chaque jour et il peut admirer la belle personne et la merveilleuse maman que tu es devenue.
    Grâce à monsieur bébé et pour ton papa, il te faut fêter la fête des papa en sa mémoire.
    Douces pensées Clacla 😚

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  12. Je te comprends… Oui, je ne devrais pas car mon Papa est toujours près de moi et bien présent… Mais je te comprends car rien que le fait d’imaginer son absence est douloureuse… Je pense à tout ces moments que je n’oublierai jamais et tous ceux à venir et j’aimerai tellement que tu puisses toi aussi les vivres…
    Je pense aussi à mon Papy… Que j’ai perdu il y a plusieurs années… Et qui était comme mon deuxième papa… L’un des grands hommes de ma vie ❤ J'aime à penser, comme toi, qu'il veille sur moi chaque jour. Parfois je sens sa présence et souvent j'aimerai qu'il soit prés de moi…
    Je suis certaine aujourd'hui que ton Papa veille sur toi… Qu'il te regarde et qu'il est fier de toi… Car même si parfois un Papa n'est pas toujours d'accord avec sa fille… Ça reste sa fille avec ses qualités et ses défauts, ses réussites, et petits moments d'égarement…

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  13. Que dire …. mise à part que tu as très bien fait de nous partager tes émotions, en ce qui me concerne je parlerais pas d’ambiance plombée mais plutôt d’une perosnne en totale sérénité avec elle même et une personne émotionnellement à vif ( en gros tu dois possédée une humanité débordante… ) vivre pour ceux partie trop tôt. ..ne change rien 😗😗🖤🖤🖤

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  14. Tu m’as beaucoup touchée par ton billet et je ne peux que te comprendre. J’ai perdu ma maman jeune. J’avais 11 ans, elle 35, c’était très dur mais dans mon malheur, j’ai la chance d’avoir des souvenirs. Mon frère, lui, n’avait que 3 ans et il y a quelques années, il nous a avoué n’avoir aucun souvenir et ça m’a fendu le coeur!
    Ces périodes ne sont pas faciles mais comme tu le dis, devenir parent change un peu les choses. Comme je le disais dans un de mes derniers articles, j’appréhende d’approcher de son âge et encore plus depuis que j’ai ma fille!
    Une chose est sûre, je suis persuadée qu’ils veillent sur nous et notre petite famille et je me plais à croire que lorsque Tess fait coucou dans le vide, c’est pour sa mamie 🙂

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    1. Alors tu peux comprendre ce que je dis, plus j’approche l’âge qu’il avait, plus j’y pense, et encore plus que je suis maman.
      Ta maman aussi veille sur toi j’en suis sûre. Comme toi j’ai déjà entendu Monsieur bébé rire tout seul, secrètement je me dis qu’il voyait peut être son papy. Il paraît que les enfants sont sensibles à des choses que nous adultes avons trop vite oubliés.
      Je t’embrasse.

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  15. Quel billet touchant ! Tu m’as mis la larme à l’œil. Ça a dû être difficile pour toi de grandir sans ton papa. J’arrive à cet âge moi aussi et c’est bien trop tôt pour partir ! Surtout avec un si petit enfant à s’occuper… 😦 C’est quelque-chose qui me fait peur. J’ai peur de partir et de laisser derrière moi ma petite famille, des enfants qui sont encore trop petits pour se souvenir de moi… Tu as raison, on se plaint parfois des relations conflictuelles avec nos parents, mais au moins nous avons la chance de les avoir. Bisous ma belle

    Aimé par 1 personne

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