Devinez qui est-ce qui revient avec un article maternité ? Vous pouvez sortir les boissons et les cotillons (ou alors vous en avez peut-être rien à faire) car je dois bien l’avouer, il y a un petit moment que je ne m’étais pas plongée dans un article de ce genre. C’était un peu compliqué avec le déménagement, je n’avais donc pas le moment de bien me poser, de trouver les mots. D’ailleurs c’est légèrement frustrant car en ce moment ma tête fourmille d’idées pour le blog, et j’ai mon planning articles (enfin ça c’est pour faire la vraie blogueuse car je ne suis pas du tout organisée pour ça) qui va être rempli pendant un long moment. Beaucoup de choses vont arriver très prochainement et j’espère que cela vous fera plaisir.

Après cette longue introduction (désolée mais j’avais envie de vous parler aujourd’hui), je vais enfin attaquer le sujet : ces petites choses auxquelles on doit dire au revoir à l’arrivée des enfants.

Je ne vous apprends rien si je vous dis que devenir parent bouleverse une vie, c’est un raz de marée qui balaie tout sur son passage. Pour certains c’est une évidence, pour d’autres le chemin est un peu plus sinueux mais une chose est sûre, et même s’il y a des gens qui disent que vous pouvez conserver votre vie d’avant, en ce qui me concerne je trouve qu’elle change. 

C’est un peu comme si nous devions faire face à toute une série de petits deuils, accepter que certaines choses changent, que rien ne sera plus jamais comme avant. Au fond je crois que c’est cela grandir, devenir adulte. C’est dans ces moments là que l’on comprend mieux certaines réactions que nos parents avaient, ou quand tu as des amis qui tombent dans le coté obscur de la force de la parentalité et que tu ne comprends pas forcément leur changement d’attitude.

Je vais donc revenir sur toutes ces petites choses que l’on perd avec l’arrivée de bébé.

Le sommeil

Je commence par le plus facile car c’est un peu le sujet qui hante tous les parents. D’ailleurs à ceux qui demandent au bout de deux semaines si un bébé fait ses nuits, arrêtez s’il vous plait.

Dans les premiers mois de la vie de l’enfant, il faut savoir qu’il y aura toujours quelque chose qui le réveillera : la faim, la couche mouillée, les dents, la chaleur, la perte de la tétine (vous aussi vous avez fait une danse de la joie lorsque bébé a su la remettre tout seul ?), l’angoisse de séparation, les cauchemars….sans parler du fait que généralement en tant que maman, votre sommeil devient beaucoup plus léger. Au début vous êtes à l’affut du moindre bruit, vous aimez écouter les petits sons qu’il émet dans son sommeil et sa respiration. De la même manière (à part si vous êtes de grands chanceux) les grasses matinées c’est fini. Ici on est content quand il nous laisse dormir jusqu’à 7h30.

Ses idéaux et préjugés

Je le confesse ici, avant d’avoir un enfant j’avais beaucoup de préjugés. Je pensais qu’être à la maison avec un enfant était bien plus simple que celles qui travaillaient, je jugeais peut-être un peu trop facilement les mamans qui avaient leur enfant qui pleurait et criait dans un magasin, ces amis qui arrivaient en retard à cause des enfants….aujourd’hui je suis beaucoup plus tolérante. Lorsque je vois un enfant faire un caprice ce n’est pas forcément que la mère ne dit rien et laisse tout passer, je pense surtout que c’est peut-être une mère qui fait son maximum, qui est débordée, qui galère. De la même façon on idéalise l’arrivée de l’enfant, la vie que l’on va avoir, sachez simplement cela : avec les enfants rien ne se passe jamais comme on l’attend. Ils sont tellement imprévisibles et spontanés.

La spontanéité

Contrairement aux enfants, plus ils sont spontanés, moins nous le sommes. Avant on pouvait décider le matin du programme de la journée, ne rien prévoir à l’avance. Décider de se faire un week-end, aller se promener, faire une soirée, aller au cinéma à la dernière minute, peu importe si tu ne manges pas ou que tu te débrouilles avec ce que tu as sous la main.

On pouvait vivre avec insouciance, sans vraiment que tes choix aient des conséquences sur qui que ce soit. Avec un enfant c’est impossible. Quand parfois tu mets presque plus de temps à installer l’enfant dans la voiture, à préparer ses affaires que le trajet en lui même. Tu ne peux aller n’importe où sans prévoir, tu es devenue une pro pour repérer les endroits faciles d’accès avec la poussette. Il faut aussi chercher à le faire garder dans certains cas.

Lorsque nous sommes partis en vacances, j’étais étonnée de voir que beaucoup d’aires d’autoroutes possèdent des endroits pour changer les bébés, des micro-ondes pour les biberons, etc… J’avoue que c’est peut-être la chose qui me manque un peu parfois. J’aimerais pouvoir me dire : bon aujourd’hui j’ai envie de faire ça et on va le faire.

Je trouve ça à la fois beau et angoissant le fait de devenir l’exemple de quelqu’un. Jusqu’à qu’il prenne son envol, Monsieur bébé comptera sur moi, se reposera sur moi, c’est à nous parents de lui donner un modèle à travers lequel il pourra se construire. On se doit pour eux de donner la meilleure version de soi-même.

Son corps

Il est très dur de se réapproprier son corps après une grossesse. Pendant celle-ci, il est là pour porter bébé. Il appartient également au corps médical (vu le nombre de personnes qui l’examinent et toutes les analyses), mais surtout il faut accepter les changements : cette ligne brune qui apparait, ce ventre qui peut craquer, les kilos… Puis il y a l’après, le corps n’est plus jamais vraiment le même.

Bien sûr que l’on peut retrouver son poids d’avant (là encore c’est un peu la loterie, quand certaines prennent très peu d’autres prennent énormément) et rentrer dans ses habits d’autrefois mais c’est physiologique, celui-ci s’est préparé pour l’arrivée d’un bébé, le bassin a dû s’élargir, la peau n’est parfois plus aussi ferme. Pour certaines cela peut même aller jusqu’au syndrome du ventre vide, tellement on a été conditionné par la grossesse. Une fois le bébé sorti, notre corps nous semble inutile puisqu’il ne porte plus la vie.

Accepter son corps n’est pas forcément chose aisée, je pense que cela mériterait un article entier sur le sujet.

L’intimité

Ah ah si vous avez un nourrisson vous ne pouvez pas savoir de quoi je parle mais quand ce petit être grandit, il ne reste plus dans son parc ou son transat. Non Non toute la maison devient un véritable terrain de jeu, et il aime vous suivre pour voir ce que maman ou papa fait. De ce fait, il n’est pas rare que vous soyez observés pendant votre douche ou lorsque vous êtes aux toilettes. La première fois, c’est assez déroutant de voir son petit regard qui vous observe pendant ce moment là. Et oui vous pouvez dire adieu à votre intimité, et la porte des toilettes devient un objet de décoration qui ne se ferme plus.

L’ennui / Le temps

Je me revois plus jeune râler parce que je m’ennuyais, parce que je n’avais rien à faire. J’aimerais dire à ce moi là d’en profiter, de profiter de ces quelques moments d’oisiveté car avec des enfants ils se font très rares voire deviennent inexistants. Vous aimeriez que la journée soit bien plus longue, 24h ce n’est pas suffisant, vous manquez de temps.

Cela fait des mois que vous vous dites il faudrait que je fasse cela  mais pour le moment ça reste au placard. Le soir vous êtes partagés entre le fait de dormir mais aussi de profiter car quand ils sont couchés, c’est un peu le seul moment où vous pouvez faire des choses pour vous.

 

Certains regrettent leur vie d’avant, d’autres n’arrivent plus à imaginer comment c’était. Je crois que tout simplement c’est grandir, devenir adulte, c’est un peu dans l’ordre des choses. Au fond cela peut faire peur car doucement nous prenons la place qu’avait nos parents sans vraiment s’en rendre compte.

Ce qui est sûr c’est que peu importe votre vie d’avant, celle avec les enfants sera tellement riche, c’est le début d’une aventure dans laquelle on redécouvre la vie. Leurs sourires, leurs humeurs, les petits bobos, les pleurs, leur évolution, les peurs, les découvertes, leurs regards, leurs rires… mais surtout cet amour indescriptible, viscéral qui met votre coeur dans tous ses états.

Je vous embrasse.

Ps : pour information, la photo n’a pas de rapport avec la maternité mais c’est un souvenir d’un voyage en amoureux en Corse. C’était le petit clin d’oeil à ma vie d’avant.