coeursmamanculpabilite

J’avais prévu un tout autre article sur un sujet plus léger, quelque chose qui se prêtait un peu plus à la saison, mais depuis quelques jours j’ai une idée en tête qui me travaille au point d’ébranler la mère que je suis. Je pensais y avoir plus ou moins échappé, j’étais en paix avec les choix que je faisais en tant que maman.

Je ne suis pas de nature à avoir confiance en moi, mais quand il s’agit de Monsieur bébé j’ai l’impression que je sais toujours quoi faire, je suis mon instinct. Cependant depuis quelques jours il y a une copine qui me ronge un peu, une que beaucoup de mamans connaissent car j’ai l’impression qu’elle fait partie du kit de démarrage de la parfaite maman débutante : la culpabilité.

Et là je suis sûre que si vous êtes maman vous savez pertinemment de quoi je veux parler. La plupart du temps ça va, mais parfois c’est plus fort que vous, cette petite voix perfide qui s’insinue en toi et qui te dit que tu fais tout de travers, que tu te plantes, que tu n’es peut-être pas assez bien pour ton enfant.

A la manière d’un journal intime j’avais envie de vous parler de mon ressenti, de mes états d’âmes du moment. Je pense que j’en ai également besoin, peut-être que cela me soulagera, que ça parlera à certaines en leur donnent l’impression qu’elles ne sont pas toutes seules à parfois se trouver un peu nulles face à leur bébé.

Pour reprendre dès le début, je vais vous expliquer pourquoi j’en suis arrivée là ces derniers temps. Voilà pour ceux et celles qui ne le savent pas, Monsieur bébé a eu 15 mois et c’est un bébé qui prend son temps, il avance doucement mais surement.

Je ne l’ai jamais brusqué, je n’étais pas plus inquiète que cela. Il ne marche toujours pas, ne se met pas debout, ne semble pas décidé à dire ses vrais premiers mots. Malgré cela c’est un bébé plein de vie, qui adore rire, qui découvre le monde à sa manière (si tu veux voir toutes les choses trop mignonnes qu’il fait clique juste ici).

Lorsque votre bébé est petit vous vous dites toujours « tant pis, il marchera ou fera telle chose à l’âge qu’il voudra » sauf qu’intérieurement, on espère quand même que celui-ci fasse les choses rapidement, non pas forcément pour se rassurer, mais aussi parce que l’on a hâte. Je fais donc partie de ces personnes qui ont le droit sans cesse à la question suivante dès que je dis l’âge de Monsieur bébé : il ne marche pas ? 

D’habitude je n’en ai rien à faire et je passe vite à autre chose. Cependant, ces derniers jours il y a Madame Culpabilité qui tourne en boucle dans ma tête. Je ne peux m’empêcher de culpabiliser et de ma dire que c’est de ma faute, que j’ai dû rater quelque chose, que je ne dois pas savoir y faire avec lui.

Alors je me pose des questions : peut-être que je ne le stimule pas assez ? Que font les autres mamans que je ne fais pas ? Et si c’est parce qu’il était à la maison avec moi ? Et si mon fils méritait mieux que moi en tant que maman ?

Les blogs sont également à double tranchant lorsque l’on est dans une période comme celle là, on se pose très certainement encore plus de questions quand on voit toute cette flopée d’articles parlant de bienveillance, d’activités à leur faire faire, etc.…mais il y aussi des articles qui rassurent et font du bien : finalement est-ce que toutes les personnes se posent autant de questions ? Ceux qui ne prennent pas le temps de lire des blogs, ou des essais sur différentes manières d’éduquer passent-ils aussi par tous ces sentiments ?

Je parle beaucoup des mamans dans ce cas là car qu’on le veuille ou non, et sans faire de généralité, j’ai l’impression que cette culpabilité un peu comme la charge mentale, touche un peu plus les femmes que les hommes. Je dirais même qu’elle affecte peut-être plus la figure d’attachement principale.

Oh qu’il est dur parfois d’être cette figure d’attachement. Sans le vouloir, cette impression de ne pas être assez bien est renforcée quand je vois que je me donne corps et âme pour mon fils au long de la journée et que je ne récolte parfois que les mauvais côtés, alors que le papa a des airs de super héros quand il rentre du travail.

Je sais que je ne devrais pas le prendre comme cela, cela veut dire au contraire qu’il arrive à se décharger avec la personne en qui il a le plus confiance, mais il y a des fois où je m’en veux car cela me donne un sentiment de nullitude totale.

Je pense que l’on passe un peu toutes par des moments de doutes comme cela, des moments pendant lesquels la confiance baisse en flèche. Il y a tellement de raisons de culpabiliser lorsque l’on est maman mais surtout, il y a des personnes qui nous font culpabiliser parce que leur manière de faire semble être (ça c’est selon eux bien évidemment) la meilleure. Généralement je ne leur en tiens pas rigueur mais dans des moments comme celui-là où le moral n’est pas au meilleur de sa forme, où l’on est un peu plus fragile, on prend les choses beaucoup plus à coeur. C’est un peu comme si on remettait en question tout mon rôle de mère.

C’est donc cela devenir parent, tout un tas de sentiments contradictoires. La maternité fait ressurgir le meilleur comme le pire en nous, c’est à la fois notre force et notre faiblesse.

Quand je doute, quand j’ai l’impression de ne pas bien faire pour lui et que tout est de ma faute je le regarde, et lorsqu’il me rend ce regard avec son immense sourire, que ses yeux pétillent de malice et bonheur, je me dis que c’est ça le plus important. Son amour vaut bien plus que tous mes doutes, l’amour que je lui porte est inestimable.

Après tout, nous ne sommes que des êtres humains mais tant que vous faites votre maximum, et que tout est fait avec amour, je pense que c’est l’essentiel.

Je vous embrasse, vous êtes toutes de super mamans, n’en doutez jamais.