Il y a déjà deux ans, un têtard s’installait au creux de mon ventre. Je ne le savais pas encore qu’un petit être avait élu domicile pour 9 mois mais surtout, je ne savais pas que je touchais du bout des doigts les prémices d’une folle aventure. J’ai l’impression qu’elle s’est finie hier, je me revois encore râler en fin de grossesse car j’avais mal au dos, que je ne dormais pas.

Je dois bien vous l’avouer qu’à certains moments je suis nostalgique de tout ça, de cette relation privilégiée avec le bébé. Il y a même des nuits pendant lesquelles j’ai cette sensation de revivre ses coups dans mon ventre. Et pourtant en y repensant bien, j’étais loin de la femme enceinte épanouie qui respirait la joie de vivre avec des cheveux soyeux et une belle peau (ça aussi c’est encore une belle arnaque que l’on veut nous faire croire). J’ai en ma possession des photos qui le prouvent mais promis, pour ne pas vous faire peur je vais les garder pour moi.

Je pense que comme n’importe quel souvenir, on a peut-être tendance à ne retenir que le meilleur, à enjoliver. Je me dis très souvent que je n’en ai pas assez profité, que si j’ai la chance de vivre une deuxième grossesse je ferai autrement. Seul l’avenir me le dira.

En attendant je voulais un peu regarder en arrière et me replonger dans ma grossesse, car je m’en rends compte que je n’en ai jamais vraiment parlé par ici (rassurez-vous je vous épargnerai le déroulement de l’accouchement et les détails sordides).

Les changements du corps

Je n’ai jamais vraiment aimé mon corps. Une de mes plus grandes peurs lors de la grossesse n’était pas l’accouchement, mais le fait de ne pas arriver à accepter les changements corporels. Coïncidence ou pas, j’ai très peu pris et je n’avais pas un énorme ventre malgré un beau gabarit (Monsieur bébé faisait tout de même 3,610 kg dix jours avant le terme). Il y a une chose que je n’ai pas vu venir, je l’aimais ce ventre. Je n’irais pas jusqu’à dire que je me sentais belle mais je me sentais bien. Pas une seule fois je me suis dit que j’étais complexée. J’adorais également voir la ligne brune se dessiner le long de mon ventre, un petit signe qui me montrait que Monsieur bébé était bel et bien là.

Cela va sans doute paraitre paradoxal pour certaines mais sur le moment, j’ai regretté d’avoir perdu mon ventre et mes kilos de grossesse trop vite. Je voulais quelque chose qui me rappelle qu’il avait bien été en moi pendant 9 mois. Il faut plusieurs mois pour accepter les changements, accepter qu’un petit alien (oui j’ai pour habitude de plaisanter en disant que maintenant, je peux dire ce que ressent l’héroïne dans Alien) grandisse en soi, et du jour au lendemain c’est fini. C’était un peu trop brutal pour moi.

Je me souviens aussi que j’avais chaud. En hiver j’avais plutôt envie d’être en manches courtes alors qu’en temps normal si vous venez me voir pendant cette saison, la nuit je suis plutôt en pyjama polaire pas sexy du tout mais qui tient chaud. J’ai toujours des allergies au printemps, je n’ai rien eu enceinte, mon bébé me protégeait à sa manière.

J’avais peur de voir apparaitre les vergetures et le masque de grossesse alors je me tartinais d’écran total sur le visage et de beurre de karité sur le ventre. D’ailleurs, ne me demandez pas pourquoi mais c’était devenu notre rituel avec mon chat. Chaque soir, il s’installait à côté de moi et me regardait me masser le ventre avec de la crème. Je n’ai jamais compris pourquoi il faisait cela.

 

Les désagréments

En y repensant bien il n’y a pas eu que des changements positifs. J’ai par exemple vomi chaque soir jusqu’au 5ème mois de grossesse. Ce petit père a réussi à me bloquer toute la partie droite du bassin (merci l’ostéopathe pour ça). Il m’est arrivé aussi de commencer à faire un malaise au supermarché.

Ah le supermarché. Quand tu es enceinte tu crois naïvement que les gens vont être bienveillants envers toi, que cela est normal de te laisser passer, ou de faire attention à toi. J’étais loin de la réalité : entre les gens qui te poussent avec le caddie, ceux qui courent exprès à la caisse en faisant semblant de ne pas t’avoir vu, ceux qui te répondent non quand tu leur demandes gentiment si tu peux passer…et j’en passe.

Le syndrome du neurone unique n’est pas une légende. Je devais refaire ma carte d’identité pendant ma grossesse. Mon chéri a cru devenir fou car à chaque fois j’oubliais un papier ou je m’étais trompée, il a dû m’y emmener plusieurs fois. En temps normal je suis plutôt une maniaque qui vérifie 150 fois si elle possède le bon papier ou non.

Le pire a sans doute été l’insomnie qui a débuté très tôt pendant la grossesse. Si vous saviez comme les nuits semblent longues quand on ne dort pas. J’ai eu le temps de regarder beaucoup de séries, en fait je faisais surement ma réserve car après avec bébé on ne peut plus le faire ça. Un grand merci à mon chat pour sa compagnie pendant ces moments là. J’arrivais à me rendormir un peu dans la journée mais mon capital sommeil était sensiblement altéré.

J’ai peur pour une deuxième grossesse car je ne pourrai me reposer dans la journée comme cela, puisqu’il faudra s’occuper du grand.

L’attente, l’inconnu et l’exclusivité

Finalement je crois que ces trois mots résument bien ce qui est magique lors d’une grossesse, ce qui me manque réellement.

Quand je vois des femmes enceintes qui sont en plein préparatifs je les envie. Je me revois en train de construire ma petite liste de naissance, d’être dans l’attente. Lui préparer sa chambre de bébé avec amour. Il y a des jours qui m’ont marquée : je me rappelle exactement quand j’ai effectué mon premier achat pour lui, quand est-ce que j’ai acheté son pyjama de naissance (c’est facile puisque c’était le jour de la naissance de mon neveu), etc…Ces instants sont tellement précieux, pendant lesquels on est à la fois excité mais aussi un peu angoissé .

En effet on se pose des questions sur l’après, c’est une grande inconnue. C’est le début d’une aventure dont on nous a parlé mais on ne sait pas comment cela sera exactement. Pour faire simple : ce n’est jamais comme on l’avait imaginé. Je peux juste vous dire que c’est une aventure unique remplie d’émotions diverses qui changera votre vie à jamais.

Le sentir bouger, lui parler à travers mon ventre. Commencer à lui murmurer des je t’aime. Ce lien si fort qui existera pendant toute notre existence commence à se tisser dès la grossesse, mais très souvent on ne le sait pas encore. On s’en rend compte bien après.

La rencontre

Pour moi cela vaut tout ce qui précède car peu importe comment elle se passe, les premiers instants avec votre bébé restent ancrés en vous pour le restant de vos jours. Cela peut paraitre cliché mais je donnerais tout pour remonter le temps, avoir quelques minutes avec lui au tout début de sa vie (j’en parlais dans un article au tout début du blog). Je pense que je ne réalisais pas vraiment, avec le recul je me dis que j’aurais peut-être pu en profiter davantage.

J’ai aimé me replonger dans ma grossesse, et partager cela avec vous. Chaque grossesse est unique, certaines n’aiment pas cet état tandis que d’autres l’adorent, mais ce qui est sûr c’est qu’elle vous mènera à la plus belle des rencontres de votre vie.

N’hésitez pas à me partager des souvenirs de votre grossesse, ou des anecdotes. J’aimerais beaucoup vous lire.

Vous pouvez aussi lire ou relire un de mes premiers articles qui s’intitule Quand tu es enceinte et qui dépeint avec humour toutes ces petites choses qui nous arrivent lorsque l’on est enceinte

Je vous embrasse.