Il y a les mots qui apaisent, qui réconfortent. Certains peuvent sauver des vies ou permettre d’entrapercevoir une lueur d’espoir. Il y a aussi ceux qui enfoncent, ceux qui blessent ou ceux qu’on oubliera jamais.

Je suis une amoureuse des mots. Cela se traduit par une envie insatiable de lecture et depuis un an cela passe également par l’intermédiaire du blog. Je n’ai pas ce qu’on pourrait appeler un don pour l’écriture, mais je me rends compte que cela devient un besoin. Poser certains mots ici m’apaise, une sorte de journal intime ouvert à tous.

Si je vous parle de cela c’est que j’ai constaté la chose suivante sur le net, il n’y plus aucun filtre avec les mots. Certes, nous utilisons des filtres pour nos photos ou pour embellir une situation, mais lorsqu’il s’agit de mots, de commentaire, de débats sur les réseaux….il y a des personnes qui ont oublié de filtrer leur bouche (enfin je devrais dire leurs doigts) et qui pensent pouvoir tout dire, y compris des choses qu’elles n’oseraient pas dans la vie réelle, sous prétexte qu’il y a la protection de l’écran.

Je vais vous expliquer pourquoi je veux parler de cela alors que ça n’a pas grand chose à voir avec la parentalité. De temps en temps, j’aime regarder quelques vidéos de youtubeuses même si je manque cruellement de temps. La plupart sont loin de mon univers, mais parfois ça me divertit (que voulez-vous on ne peut pas être parfaite). J’ai vu passer dans mon fil d’actualités la vidéo d’Enjoyphoenix. Pour ceux qui ne le connaissent pas, c’est l’une des youtubeuses les plus connues en France et demandez à une ado elle saura forcément qui sait. Elle est très éloignée de moi, que ça soit au niveau de l’âge ou des sujets qu’elle aborde, mais sa vidéo m’a touchée.

Bien que je ne sois pas une fan et que je n’adhère pas à tout ce qu’elle fait, je la respecte. Dans sa vidéo elle parlait des gens qui ne se rendaient pas compte de l’impact de leurs mots à travers un ordinateur. C’est à un tel point qu’elle a développé des TCA (troubles du comportement alimentaires) à  force de voir toutes ces photos trop lisses sur les réseaux et les gens qui ne cessent de lui répéter qu’elle est grosse, qu’elle n’est pas assez bien, etc.. (je peux vous dire que les commentaires sur elles sont bien plus virulents que cela, voire méchants et cruels, certaines personnes font des montages pour montrer ses variations de poids et pire encore…). Même après sa vidéo qui est peut-être maladroite, il y a eu un déferlement de haine. Certains mots ont été sortis de leur contexte. Comme quoi il est très facile de faire parler des mots. Au final, il n’y a pas de bons ou de mauvais mots mais seulement l’interprétation qu’on en fait.

Elle voulait simplement dire qu’il ne fallait pas attaquer sur le physique et que ce qu’on voit sur les réseaux n’est pas forcément la réalité, qu’il n’y a pas de norme. Que les jeunes filles arrêtent de se comparer à ces femmes au point d’en créer des complexes.

En effet, peu importe que l’on soit ces filles super healthy et musclées, que l’on décide de se faire refaire quelque chose ou que l’on ait quelques kilos en trop, cela ne change en rien la valeur d’une personne. Tout le monde a une histoire et son fardeau et si la personne est comme cela, c’est peut-être  qu’il y a une raison.

Si sa vidéo m’a touchée à ce point c’est parce qu’elle a trouvé écho dans ma propre histoire. Oui en ce moment j’ai décidé de faire des articles dans lesquels je me livre, j’en ressens le besoin. De toute petite j’ai toujours été celle qui était un peu bouboule, j’étais la petite grosse de la famille. Pour faire simple j’étais l’intelligente de la famille mais pas la belle. En y regardant bien, j’avais en effet quelques kilos en plus mais j’étais loin d’être aussi grosse que cela, d’être aussi moche que je le pensais. Mais vous savez, des mots lorsqu’ils sont répétés sans cesse par les autres et en particulier son entourage, ils finissent pas se faire une place dans votre esprit. Ils s’insinuent tel un serpent pernicieux. Ils font du chemin dans votre tête.

Vous commencez par y croire, et ensuite c’est le début de la descente, une descente lente mais douloureuse. Vous pensez la contrôler mais c’est faux, et vous gardez cette image déformée. Sans rentrer dans tous les détails, car je ne veux blesser mes proches sachez lire entre mes lignes. Lorsque vous rentrez dans cet enfer, il y a d’abord un sentiment de toute puissance et de contrôle, puis finalement vous en devenez accro. Vous devez le faire. Viens ensuite la culpabilité mais peu importe, tant que les chiffes ne montent pas sur ce foutu écran que vous regardez sans cesse des dizaines de fois par jour.

La grossesse est certainement le seul moment de ma vie où je n’ai pas eu cette image déformée de moi-même. Je me trouvais belle. A bientôt 30 ans, je me dis que si je n’avais pas entendu ces mots plus jeunes, si on n’avait eu de cesse de me le répeter, aurais-je toujours cette mauvaise image de moi ?

Les gens ont tendance à rire quand je dis qu’il faut faire attention aux mots car s’ils peuvent paraitre anodins, ils peuvent  aussi pousser les gens très loin dans leurs retranchements. Il seront peut-être les mots de trop pour une personne qui n’attendait que ça pour passer à l’acte par exemple.

Ce phénomème est encore plus exacerbé avec le net et les réseaux. j’aurais détesté être une ado à l’ère des réseaux sociaux.

Je ne suis sans doute pas exempte de tout reproche et j’ai déjà dû dire des mots qui ont pu blesser une personne et si c’est le cas je m’en excuse.

Ce que je sais c’est que plutôt que d’oublier de mettre ce filtre, essayez autre chose comme se taire ou encore d’être bienveillant. Parfois un simple compliment comme « tu as un joli sourire » ou « ce nouveau pull te va bien » met du baume au coeur à quelqu’un et peut vouloir dire beaucoup.

Il y aussi des mots que j’aurais rêvés d’entendre plus jeune alors je ferai tout mon possible pour que mon fils ne ressente pas ces choses. Je ne pourrais l’empêcher d’entendre des mots abjects mais je lui dirai que peu importe ces mots, ils ne reflètent pas qui il est vraiment. Je lui apprendrai aussi à ne pas juger trop vite, à ne pas juger sur le physique et à bien choisir ses mots.

Soyez bienveillants les uns envers les autres dans la mesure du possible. Pensez qu’un mot peut sauver comme il peut précipiter une chute. Enfin bref ne sous-estimez jamais le pouvoir des mots.

Un jour si j’y arrive, je vous en parlerai un peu plus même si je pense que vous avez compris beaucoup de choses en lisant cet article.

Je vous embrasse et vous dis à très vite pour un nouvel article un peu plus léger cette fois.

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Crédits photo : Pixabay