Le parc est un endroit que connaissent tous les parents. C’est un peu le passage obligé, un endroit par lequel tu te dois d’aller. A croire que lorsque tu deviens maman, tu obtiens des droits d’entrée pour certains endroits qui jusque là ne t’étaient pas autorisés.

En ce qui me concerne, j’adore aller au parc avec Monsieur bébé et même s’il ne marche pas encore, c’est maman qui le fait glisser sur le toboggan, qui le pousse à la balançoire, qui joue avec lui. J’essaye d’y aller plusieurs fois par semaine et ce que j’aime faire c’est observer le comportement des gens et des autres enfants. J’en suis arrivée à cette conclusion : le parc est un univers impitoyable.

Pourquoi je pense cela ? Remontons le temps et établissons les faits (oui oui je crois que je suis dans une enquête policière mais vous savez, je n’y peux rien si j’ai autant d’imagination et si parfois je joue des personnages).

 

Jour : mercredi, le jour des enfants bien évidemment.
Heure : milieu de matinée.
Objet du délit : la balançoire pour les plus petits.

 

Reconstitution de la scène : deux balançoires pour les plus petits sont à disposition. Forcément tout le monde veut celles-là. En ce mercredi d’automne, une est occupée depuis un (trop) long moment (on reviendra après sur le sujet) et une autre vient de se libérer. Et là, tel un duel à l’époque du Far West, tout le monde se regarde dans les yeux, il y a un léger moment de flottement et bim, c’est au premier qui dégaine. Sans surprise, avec Monsieur bébé qui ne marche pas, le temps que je le sorte de la poussette on ne gagne généralement pas.

 

Petit interlude humoristique pour vous relater une scène banale du parc. De manière générale, les enfants sont tellement spontanés qu’ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils peuvent être impitoyables entre eux quand ils sont au parc. Ils n’ont pas véritablement conscience de tout cela. Il y a ceux qui poussent les copains pour avoir le jeu. J’ai par exemple vu un enfant un peu plus grand pousser un tout petit qui est tombé du toboggan. Pas plus tard qu’hier, un petit garçon avait décidé de rentrer en compétition avec Monsieur bébé pour savoir qui allait le plus haut avec sa balançoire. Bien entendu ce n’était pas mon fils de 17 mois qui lui, n’en avait que faire d’aller haut du moment qu’il était balancé.

Les enfants agissent sans arrière pensée, sans méchanceté, et tout ce petit monde cohabite pendant un instant dans cette arène où se jouent parfois des scènes attendrissantes, rigolotes ou touchantes.

Toutefois, je pense que c’est peut-être du côté des adultes qu’il faut regarder car il existe tout un tas de spécimens et ceux que je supporte le moins, ce sont ceux qui finalement pensent qu’ils peuvent se passer de surveiller leurs enfants. Non ce n’est pas à moi de dire à un autre enfant de faire attention car il y a un plus petit, et non ce n’est pas aux autres de demander pour la balançoire mais bien aux adultes d’avoir la présence d’esprit de laisser la place le moment voulu.

 

Dans cet univers impitoyable il y a :

Les parents (dé)connectés

On a tous des vies palpitantes et très peu de temps. Cependant, il n’est pas rare de voir au parc les parents rester à côté à pianoter encore et encore sur leur téléphone sans prendre le temps de regarder une seule fois leur enfant même quand celui-ci les appelle.

Allez j’avoue que parfois je le sors aussi pour immortaliser certains instants mais j’essaye de profiter de l’instant avec mon enfant. Je peux comprendre que cela puisse être ennuyeux pour certains et qu’ils ont des choses à régler, mais je trouve ça légèrement dommage.

Les assistantes maternelles

Tous les matins elles y sont et je trouve ça chouette qu’elles prennent le temps de sortir et de veiller à ce que les enfants s’amusent.

Il y a celles qui font vraiment attention à l’enfant, vont aller jouer avec, les pousser avec plaisir, les reprendre s’ils font une bêtise. On sent que c’est une véritable vocation et qu’elles aiment être au contact des plus petits.

Il y a aussi celles à qui je ne confierai jamais mon enfant quand je vois comment elles font. Je les entends plaisanter sur les parents des enfants qu’elles gardent ou parler du menu du midi pendant que les enfants pleurent à côté. Je vous assure que la dernière fois j’ai failli aller les voir en leur disant « vous pouvez pas vous bouger un peu » car il y a un tout petit qui avait été poussé par un plus grand et il est tombé de très haut du toboggan sans que son assistante maternelle ne bouge d’un pouce. J’avais juste envie de le consoler moi-même. Elle s’est contentée une heure plus tard d’aller lui chercher un mouchoir pour lui essuyer le nez. Autre anecdote : un des enfants  dont elle avait la charge a réussi à sortir du parc et c’est quelqu’un d’autre qui a dû lui dire pour qu’elle s’en rende compte.

Les irrespectueux

Là ce sont les pires. Ceux qui oublient de fermer le parc en partant, de ce fait j’ai déjà vu les petits sortir alors que pas très loin il y a un lac. Ceux qui restent là en attendant et ne bougent pas d’un poil quand leurs enfants font vraiment mal à un autre. Ceux qui campent sur la balançoire plus de 30 minutes sans forcément pousser l’enfant, mais comme ça ils peuvent parler entre eux sans avoir à surveiller l’enfant. C’est alors aux autres de demander de libérer la place.

Je pourrais en dire des tonnes mais vous voyez le genre de personne dont je parle à mon avis.

Alors le parc n’est-il pas un univers impitoyable ?

Mais vous savez je ne leur en veux pas,  je ne suis personne pour juger sur quelques minutes passés ensemble dans un parc. Peut-être ce jour là la personne avait appris une mauvais nouvelle, avait eu un grave problème ou avait la tête ailleurs. Je ne saurais le dire.

Ce dont je suis sûre c’est que je continuerai à y aller avec mon fils qui adore regarder les autres enfants s’amuser. Tous ces moments partagés avec lui sont des moments privilégiés. Quand ses éclats de rire s’envolent si haut qu’ils pourraient toucher les étoiles tout simplement car maman le pousse haut dans sa balançoire. Lorsque maman fait de la balançoire en même temps que lui à côté car elle a gardé son âme d’enfant. Descendre le toboggan lui donne un sourire immense comme si le parc avait un petit côté féerique. Non loin de là il y a également les canards et il aime les admirer. Ils viennent tout près de la poussette et alors là il me regarde, comme s’il me disait « tu as vu maman ».

Le parc est impitoyable mais aux yeux des enfants il est magique, c’est un endroit rêvé dans lequel ils peuvent devenir des pirates, des princesses, voler très haut..