Devenir parent c’est aussi se remémorer lorsque l’on était soi-même enfant. Il paraît qu’un accouchement renvoie irrémédiablement à sa propre histoire, sans parler de la famille qui aime chercher ces petites similitudes entre les parents et les enfants.

Pour être honnête avec vous, lorsque j’ai vu le tag sur l’enfant que nous étions crée par Picou, j’ai été partagée entre l’envie de vous parler de la petite fille que j’étais, et la tristesse de faire face à certains souvenirs qui font partie de moi mais qui ne sont pas des plus joyeux.

Ce week-end j’ai ouvert l’album photos…J’ai rigolé en voyant certaines de mes tenues, je me suis rappelée des moments drôles et bien évidement, j’ai repensé aux personnes qui ne sont plus là aujourd’hui. Finalement, le plus dur c’est l’absence de souvenirs, comme si une partie de votre vie n’avait pas existé. Seules les photos restent dans ce cas là. Je les ai regardées, pas avec une pointe de nostalgie, mais bien avec un regard amusé et tendre.

Alors pour vous aujourd’hui, je relève le challenge et je réponds à ce TAG sur l’enfant que j’étais.

L’enfant que j’étais était une enfant…

Facile à vivre d’après ma mère. J’ai fait mes nuits assez rapidement, et je n’ai pas voulu faire de 4 pattes (j’en connais un autre qui ne veut pas en faire). Contrairement à Monsieur bébé qui prend son temps, j’étais une rapide et je voulais me précipiter. C’est ainsi que je suis rentrée à l’école à 2 ans et demi. Par la suite, j’ai conservé une année d’avance pendant toute ma scolarité. Oui je faisais partie des enfants qui adoraient aller à l’école, et je crois que ma période de l’année préférée était la rentrée. Je me revois encore en train de préparer mon cartable et admirer mes nouvelles fournitures, l’odeur si particulière des crayons de couleurs et de la gomme. Les cahiers de vacances étaient un incontournable pour moi.

Peut-être ai-je grandi un peu trop vite à cause de mon histoire ? Sans doute, mais ça ne m’empêchait pas d’être une petit fille pleine de vie et souriante.

Je n’ai jamais eu de tétine mais je transportais partout mon mouchoir en tissu (le nin-nin) accompagné d’une peluche que j’avais eu à la naissance, pas très jolie et grise. Je l’appelais donc souris mais c’en était pas une. Elle trône toujours dans ma chambre aujourd’hui. J’avais beaucoup de mal à m’en séparer lorsque j’étais petite. Je crois que cette souris a voyagé un peu partout.

J’étais la petite dernière et il arrivait très souvent que l’on se dispute avec ma soeur (vous savez les vraies disputes de filles où on se tire les cheveux). Je n’étais pas très téméraire, cependant je tombais très souvent. Sur beaucoup des photos j’ai le fameux Mercurochrome rouge sur les genoux que l’on mettait quand on s’écorchait. Pour la petite anecdote, j’ai meme déjà eu un oeil au beurre noir et ce, le jour de mon anniversaire.

J’ai toujours été une enfant un peu réservée et timide. Je n’étais pas de ceux qui avaient beaucoup d’amis. En grandissant je n’ai jamais été très bien dans ma peau et je parlais peu, ces deux aspects m’ont suivie jusque dans mon adolescence et encore aujourd’hui.

L’enfant que j’étais avait pour jouet préféré…

Je ne pense pas que j’en avais un que je préférais plus que l’autre. Comme beaucoup de filles de la même époque j’ai eu des barbies. Je me souviens notamment de barbie princesse papillon que je trouvais juste splendide et que je dois toujours posséder. Etant fan de Disney, j’avais la poupée Ariel qui chantait mais également John Smith de Pocahontas (oui enfant je le trouvais beau).

Plus tard je me rappelle des Polly pockets, qu’est-ce qu’ils étaient canons.

L’enfant que j’étais se régalait de..

J’étais une grande gourmande (je le suis toujours). La nourriture c’est surtout de très bons souvenirs en famille. Ma grand-mère paternelle cuisinait merveilleusement bien. J’allais tous les étés dans leur maison de campagne pendant un mois, et ils avaient un potager et des arbres fruitiers. Je me rappelle de ses succulentes tartes aux mirabelles, et ses tomates farcies. On allait acheter la chair à saucisse au marché pour les faire. Je m’ennuyais parfois dans cette campagne, où nous étions entourés de moutons, d’une usine de canards (qui déversait une odeur atroce) et deux trois maisons, mais j’ai tellement de souvenirs de ces vacances. Je pourrais passer des heures à en parler entre les soirées à équeuter les haricots verts ou à jouer au nain jaune, sans oublier que pour nous faire plaisir, nos grands-parents avaient accepté une fois de camper dans le jardin avec nous.

A la maison, avec ma soeur nous adorions le poulet avec les petites pommes de terre du week-end. C’était un peu le rituel.

Mon grand père maternel avait un petit cabanon dans lequel il nous faisait toujours une réserve de bonbons et chocolats et lorsque nous étions petites, nous demandions à y aller à peine arrivées. C’était lui aussi qui cuisinait à la maison. Je me rappelle encore de l’odeur qui émanait de ses plats (c’est fou comme certaines sensations vous marquent à jamais), et on les dégustait devant la petite maison dans la prairie que ma grand-mère adorait. Mes oreilles étaient bercées par ses paroles italiennes. Elle avait beau avoir déménagé en France, elle continuait à parler dans cette langue.

Et sinon depuis presque toujours, mon gâteau d’anniversaire est l’opéra.

L’enfant que j’étais s’est un jour fait gronder parce que..

C’est bizarre mais on dirait que le cerveau occulte ces moments. Il y en a un seul qui me vient à l’esprit et je n’en suis pas fière. En vacances à la campagne avec mes grands-parents, nous étions en train de rentrer des courses. Mon grand-père me demande de l’aider à ranger et je lui réponds très spontanément « je suis pas ta bonne ». J’ai tellement eu peur des représailles que j’ai couru au fond de l’immense champ, c’était sans compter sur le fait que mon grand-père était un grand sportif et qu’il était même en meilleure forme que moi. Bien sûr il a réussi à me rattraper. Quand j’y repense j’ai honte mais aujourd’hui j’en rigole.

J’ai aussi expérimenté des nouvelles choses, allez savoir ce qui se passe dans la tête d’un enfant. Plus petite j’ai décidé de faire un bain d’huile de vidange. Mon père la faisait sur sa voiture et avait mis l’huile de côté, et je ne sais pas mais j’ai eu envie de tester, voir ce que cela faisait. J’ai donc commencé par mettre une main, puis deux, et à me la tartiner de partout. Je suis déjà tombée dans un pot de colle aussi lorsqu’ils refaisaient la tapisserie (attention on ne se moque pas).

L’enfant que j’étais rêvait de..

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu être médecin. En grandissant cela s’est transformé en pharmacienne.

J’ai aussi fait de la danse pendant très longtemps, alors comme toutes les petites filles je me prenais à rêver de devenir danseuse étoile.

J’ai toujours été une grande rêveuse et je le serai toujours je crois.

L’enfant que j’étais lisait..

A mon avis vous connaissez la réponse : je lisais des tas de livres, bien entendu. Petite, j’adorais qu’on me lise l’histoire du soir. Je me souviens notamment d’un livre d’un petit garçon qui partait sous la mer et tout un monde s’ouvrait à lui. Le titre Roule galette me vient également à l’esprit. Nous avions aussi un livre dans lequel il y avait 365 histoires, une pour chaque jour.

J’ai aussi un peu connu le bibliothèque rose mais je me rappelle surtout des Oui-Oui et de Saturnin le canard.

Je pouvais passer un temps fou à lire. Je faisais exprès d’aller au lit plus tôt le soir pour pouvoir passer un long moment à lire. Encore aujourd’hui je ne peux m’endormir sans avoir lu. Lire est aussi un moyen d’oublier certaines choses et de  rêver d’une autre vie, ne serait-ce que pendant un court instant. Certains livres on même sauvé l’ado que j’étais.

Plus tard, J’adorais aussi la collection coeur grenadine mais aussi la célèbre Chair de poule. Pour cette dernière, ils en avaient même fait une série et certains des épisodes me terrorisaient.

L’enfant que j’étais trouverait mon moi de maintenant..

Je ne sais pas mais je pense qu’elle me dirait que même lorsque tout semble perdu il y a toujours de l’espoir et qu’il faudrait que je continue à rêver.

Qu’elle me dise qu’après le désespoir vient la lumière…car repenser à mon enfance c’est aussi penser à la perte de mon père, à celle de mes grands parents, à ma grand-mère qui ne peut se souvenir, aux histoires que ne devraient pas connaitre un enfant, aux situations mots ou gestes qui restent à jamais gravés en vous, au fait d’être perdue au point d’arriver à des gestes extrêmes…

Je ne veux pas finir sur une notre triste mais sur un message d’espoir. Peu importe les souvenirs, ou l’histoire, ce sont eux qui font la personne que vous êtes aujourd’hui.

La petite fille que j’étais trouverait que la femme que je suis est une personne forte même si elle pense le contraire, qu’elle est aujourd’hui entourée de personnes aimantes. Cette femme a affronté bien des tempêtes et elle est toujours debout.

Je ne peux finir cet article sans parler de celui qui m’a enfin fait comprendre que j’étais à ma place, mon fils.

Je l’aime plus que tout et aujourd’hui, je peux dire que la vie est belle. Peu importe le chemin, elle mérite d’être vécue. Rien n’arrive par hasard.