Il n’est pas rare que je vous parle de Mélissa sur le blog. Ses articles sont régulièrement des coups de coeur, tout comme son parcours. Lorsqu’elle nous a annoncé que Paranoïa allait avoir une suite, j’ai presque sauté au plafond. Je reviens donc aujourd’hui pour vous parler de Miroir de Melissa Bellevigne.

Elle a longtemps laissé planer le doute en distillant des petites informations au compte goutte, et j’espérais ardemment que son deuxième livre soit une suite et non une toute autre histoire. En effet après la lecture du premier tome, on reste sur notre fin car celle-ci était ouverte et laissait place à l’imagination. J’avais tellement de questions en suspens. Je ne savais plus quelle réalité était la bonne et il faut le dire, je m’étais attachée aux personnages. Ainsi c’est un peu comme retrouver des amis, on a le sourire et on se sent bien tout simplement.

Vous avez envie d’en savoir plus ? Alors venez de l’autre côté du miroir avec moi. Si vous n’avez pas lu le premier, n’allez pas plus loin pour ne pas gâcher votre plaisir (vous pouvez aussi relire ma chronique sur le premier tome).

Résumé

Qui est vraiment Judy Desforêt  ? Une jeune femme assiégée par la paranoïa et des hallucinations telles qu’elle en a perdu la raison jusqu’à vouloir se tuer  ? Un esprit troublé qui aspire aujourd’hui à guérir et démarrer une nouvelle vie  ? Est-elle victime d’un vaste complot ou bien une manipulatrice au discernement hors pair  ?
Qu’est-ce qui a pu pousser Lisa, psychiatre renommée, à baisser sa garde face à cette patiente délirante  ? Aurait-elle manqué d’objectivité et de professionnalisme  ? Épuisée par le bébé de Judy dont elle est devenue la tutrice légale, Lisa n’a plus aucune certitude sur ses conclusions et bascule dans la culpabilité.
Tandis que l’enquête sur l’agression de Judy piétine, apparaît subitement à Viryez un certain Alwyn Andrews. Le jeune homme correspond en tout point à la description qu’a donnée Judy de l’ami imaginaire qui la suit depuis sa petite enfance. Il dit la connaître, être amoureux d’elle, vouloir la revoir… Mais de nombreux doutes planent à son sujet, faisant de lui un suspect idéal.
Qu’est-il vraiment arrivé à Judy et qui faut-il croire  ?
Où s’arrête l’hallucination et où commence la réalité  ?

La chronique de Miroir

Petit retour en arrière pour mieux situer l’histoire. Paranoïa se concluait sur la naissance du bébé de Judy. Celui-ci était-il le fruit d’une agression ou bien celui de ce fameux Alwyn qui est tellement mystérieux qu’on ne sait pas s’il est réel ou s’il sort tout droit de l’imagination de la patiente ?

Pour ne pas être perdu (déjà que l’écrivain le fait si bien dans ses deux romans), le livre Miroir débute là où Paranoïa se termine afin de bien remettre les choses en place. Cependant dans celui-là, c’est le côté psychologie qui prend le pas sur le fantasque en comparaison au premier tome, ajouté à cela un soupçon de romance, d’espoir et de renouveau.

Une bonne partie du livre relate cette histoire si singulière entre Judy et Alwyn. Leur rencontre, deux âmes esseulées qui sont perdues et se trouvent : elle qui semble vivre un drame, comme si on la retenait prisonnière ; lui est à la poursuite de ses rêves suite à la mort de son frère.

Le drame et les secrets de Judy semblent être la clé de l’histoire.

Je suis contente car dans Miroir ce sont essentiellement ces deux personnages qui sont mis en avant et notamment Alwyn. Je l’avais apprécié dans le premier tome, ici c’est véritablement mon coup de coeur car il dégage une aura indescriptible, il est entouré de mystères.

Avec l’aide du docteur Rivière, Judy apprend à avancer et à guérir, mais l’aide-t-on a guérir des bonnes blessures ? Est-ce que l’histoire est aussi simple qu’il n’y parait ? Une jeune femme qui a subi une agression et s’est réfugiée dans un monde et une histoire d’amour inventés pour surmonter cela…rien n’est moins sûr.

En parallèle on retrouve une Lisa épuisée, que l’histoire avec Judy a totalement éreintée car elle s’est impliquée au point que sa vie vole en éclats. Elle s’occupe de l’enfant de sa patiente car celle-ci le rejette et n’accepte même pas de le voir. Au fil de l’histoire, elle va elle-même se retrouver dans la situation du lecteur c’est à dire qu’elle ne sait plus quoi croire. Elle commence à penser qu’elle a manqué d’objectivité avec sa patiente et que tout n’est pas aussi clair qu’elle le pensait.

D’autant plus lorsque se présente au commissariat un certain Alwyn. Qui est cet homme qui ressemble étrangement à l’homme décrit par sa patiente ? A ce moment là, alors que je pensais avoir eu certaines réponses à mes questions, tout part en fumée. La force de ce roman est justement le fait que nos convictions sont ébranlées à chaque page lue. Lorsque l’on croit avoir la bonne solution entre nos mains, Melissa nous pousse dans une autre direction.

Lisa va alors revoir sa théorie. Avec l’aide du docteur Rivière et de la police elle va lever le voile sur l’histoire de Judy. C’est dur d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue, cela est tellement frustrant de ne pas tout vous raconter.

Dans Miroir Lisa est légèrement en retrait, presque effacée. De ce fait j’arrive beaucoup moins à m’attacher à elle et au dénouement de sa vie personnelle.

Ce que je peux dire c’est que la fin est cette fois bien fermée, mais jamais je ne me serais imaginée une telle fin. C’est vraiment un coup de maitre de la part de l’auteure. Je lui en aurais presque voulu de nous avoir fait cela.

Ainsi Mélissa signe ici une belle suite avec un roman dans la même lignée que le premier. Elle confirme son talent et j’espère que sa plume continuera à nous écrire des histoires comme celle-là.