Il n’est pas rare ces derniers temps de voir passer sur la blogosphère des articles sur l’éducation, et notamment l’éducation bienveillante. Au départ on a commencé à en parler un peu, puis elle a explosé jusqu’à ce que la blogosphère parentale se scinde en deux : les fervents défenseurs et ceux qui publient des articles pour la rejeter et dire qu’ils n’en peuvent plus de cette éducation bienveillante.

Certes le monde qui nous entoure est fait de contradictions et d’oppositions, mais en réalité, tout n’est pas aussi noir ou blanc. Tous les articles sur le sujet me mettent plus moins mal à l’aise. C’est un peu comme s’il fallait choisir son camp, or je ne viens pas sur la blogosphère pour que l’on m’impose un mode d’éducation ou que l’on me qualifie de mauvaise mère car je ne suis pas la tendance du moment.

éducation bienveillante dans la blogosphère parentale

Pourquoi s’opposer sur ce sujet alors qu’en réalité tout le monde se rejoint ? En ce qui me concerne, je pense que vouloir mettre à tout prix un mot sur un mode d’éducation (bienveillance ou autre d’ailleurs) est la première erreur. Très souvent, et ce sans le savoir, nous mettons en place des principes évoqués par tel ou tel mode d’éducation. Ce sont juste les termes qui changent.

Dans bien des domaines l’être humain a besoin de coller des étiquettes, de mettre des mots sur des ressentis ou des manières de faire. Si on se recentrait simplement sur l’essentiel, sur nous-mêmes et nos enfants ?

Loin de moi l’idée de tout rejeter car sur le principe je suis d’accord avec de nombreux points. Je vous rassure donc, je ne suis pas là pour vous dire qu’une chose est meilleure qu’une autre, mais je trouve dommage de s’opposer (oui je sais je suis peut-être trop dans un monde de bisounours) à coup d’articles pour un mot qui semble presque devenir une insulte ou anxiogène pour certains parents.

Concernant cette éducation, je pense tout simplement qu’il y a autant de manière d’élever un enfant qu’il y a de parents. De plus, les principes, rédiger un projet d’éducation, suivre un livre, c’est bien sur le papier, mais avec un enfant rien ne se passe jamais comme prévu (je le répète toujours mais c’est tellement vrai). Il ne faut pas perdre à l’esprit que nous sommes aussi des parents en plein apprentissage et souvent nous évoluons et grandissons avec nos enfants. On apprend à être des parents, ce n’est pas toujours inné et simple.

Il me semble donc que tout ce débat reste un peu stérile et sans le savoir nous distillons tous plus ou moins de la bienveillance (à part dans certains cas bien sûr) dans notre manière d’élever nos enfants.

Je ne me fixe pas de ligne directrice ou de projet mais pour cet article je vais vous dire ce qui me semble évident, avec mon ressenti.

L’amour et le respect

Cela peut sembler bête de le mentionner mais à trop chercher ailleurs, on en oublie l’essentiel. C’est à la base de toute relation, tout comme la communication.
Avant toute chose sachez que vous n’êtes peut-être pas parfaite au regard de tous ces principes mais pour votre enfant qui vous regarde avec les yeux de l’amour vous êtes sa mère parfaite. Faites-lui aussi confiance en retour et à partir du moment où tout est fait avec amour, vous êtes une bonne mère.

De la même façon, comment apprendre le respect à ses enfants si les parents ne les respectent pas eux-même ou ne se respectent pas. A plusieurs reprises (je trouve cela bien triste), j’ai vu des parents littéralement hurler sur les enfants et leur parler comme s’ils étaient des petits êtres dépourvus de sens avec un langage bien fleuri. Attention je sais que ça peut arriver à tout le monde de crier mais comment apprendre le respect à un enfant si on lui dit Maintenant ferme ta g…(ce n’est pas le pire comme exemple malheureusement).

Très souvent on sous-estime les enfants alors qu’ils comprennent bien des choses.

S’informer pour l’ouverture d’esprit

Je fais partie de celles qui aiment lire. Avant l’arrivée de mon fils, j’ai pu lire tout un tas de livres sur l’évolution de l’enfant ou encore sur les inspirations Montessori et la bienveillance. Je pense qu’il reste nécéssaire de s’informer, de glaner des idées à droite et à gauche, non pas pour les suivre à la lettre mais pour s’informer, s’ouvrir l’esprit à des choses auxquelles on aurait pas forcément pensé.

Renier tout en bloc l’héritage de la génération d’avant sur l’éducation n’est pas non plus une solution. On évolue tout simplement, les époques changent, mais il est intéressant de voir comment cela se passait. Je suis persuadée que tout cette éducation bienveillante aura elle même changé d’ici 5 ans, car tout fonctionne avec des cycles.

L’adaptabilité

On a tous eu des grands principes avant l’arrivée de l’enfant. A présent il est là à vos côtés et rien ne se passe comme prévu.

Tout simplement il faut adapter cette éducation en fonction de l’enfant qui est en face et de son caractère. Non ce n’est une extension de nous mais bien un être à part entière, avec des envies et des émotions. Ainsi il n’est pas rare que deux enfants d’une même fratrie soient diamétralement opposés alors qu’ils semblent avoir reçu la même éducation.

Personnellement j’avais opté pour la motricité libre pour Monsieur bébé et ce fut un échec. Il ne voulait pas se mettre debout, jusqu’à ce qu’il aille dans un parc pour la première fois. Pourtant il n’en pas eu jusqu’à plus d’un an car je n’en voyais pas l’intérêt. Donc oui il été dans un parc mais j’estime que ça ne fait pas de moi une mère qui ne sait pas élever un enfant meme si de nos jours le mot parc est à proscrire sur la blogoshère parentale bienveillante. Je me suis juste adaptée à mon fils qui avait besoin d’un petit coup de pouce.

Faire son maximum

Je me répète encore et toujours mais à partir du moment où l’on fait son maximum pour l’enfant c’est le principal. On avance tous comme on peut avec son vécu, ses blessures, ses moyens. En ce qui concerne l’éducation c’est un peu pareil : on essaye, on se plante, on teste une chose, puis une autre. On espère ne pas reproduire les erreurs du passé. Face à une même situation nous sommes tous différents.

Je sais que j’ai du mal à laisser mon fils, mais il n’est pas nécessaire d’avoir fait des études pour savoir que c’est à cause de mon histoire. J’ai tellement ressenti un manque avec l’absence de mon père que je ne veux pas qu’il connaisse ce sentiment ne serait-ce qu’une seconde. C’est sans doute bête pour certains, mais quand c’est ancré en vous c’est dur d’y remédier.

La remise en question

Tout le monde a le droit de faire des erreurs, de craquer ou d’abandonner un instant. Personne n’est à l’abri un jour de crier contre son enfant, de donner une fessée alors que sur le papier on est contre. Nous sommes des humains après tout.

Si derrière il y a une remise en question, que l’on essaye de savoir pourquoi on en est arrivé là pour ne plus reproduire l’erreur et qu’ensuite on l’explique à l’enfant, alors un grand pas sera fait.

Ce n’est pas l’absence d’erreurs qui fait de vous une bonne mère mais bien la capacité à rebondir, à se relever et à tirer profit de ses erreurs.

A aucun moment je n’ai évoqué le terme de bienveillance et pourtant je suis sûre que certains points de mon article la rejoignent. C’est un idéal vers lequel il faudrait tendre mais justement, les idéaux ne sont-ils pas là pour ne jamais être totalement atteints ?

Il n’y a pas réellement de bonne ou de mauvaise éducation, mais on peut s’enrichir des personnes qui ne font pas comme nous. Ainsi on pourra tous avancer sans s’opposer. Je suis peut-être une grande rêveuse mais j’aime à penser que cela est possible.

Vous êtes toutes des mamans géniales et ne laissez personne vous dire le contraire.