A l’arrivée d’un premier enfant nous sommes tous un peu perdus, on tâtonne, on avance dans le flou. On se renseigne en lisant des livres ou sur sur le net mais surtout, on écoute beaucoup ceux qui ont déjà des enfants. Il nous relatent leur façon de faire ou leur vision de la parentalité. De la même manière, il est facile de se laisser influencer sur du matériel de puériculture qui semble indispensable. Cependant, ce qui est indispensable pour l’une ne l’est pas forcément pour l’autre. Je m’en suis notamment rendue compte en lisant les commentaires sous l’article d’Anne du blog Annouchka sur ce qu’elle a vraiment utilisé en terme de puériculture. Chacun a la bonne façon de faire pour son enfant et possède ses propres indispensables.

photo raphael bébé maternité

Nous grandissons en tant que parents au même titre que nos enfants, et c’est avec le premier que l’on s’exerce de façon parfois maladroite. C’est au fur et à mesure que nous prenons confiance dans ce nouveau rôle, on écoute de moins en moins l’extérieur même si on accueille avec plaisir certains conseils.

Ainsi, je pense qu’avec un deuxième enfant on ne réagit pas de la même façon qu’avec le premier. On avance un peu moins dans le flou, même si je reste persuadée que l’on recommence à zéro car chaque enfant est différent.

Tout cela pour vous dire que j’avais envie de faire un petit bilan des choses que je changerais si j’avais un deuxième enfant ou si j’avais la possibilité de revenir en arrière.

La grossesse

Pour ma part j’ai longtemps été nostalgique de cette grossesse, et encore aujourd’hui il n’est pas rare que j’y repense avec les yeux mouillés. C’est une parenthèse, un petit bout de vie suspendu dans le temps. Je me revois en train de râler, je voulais qu’il arrive vite. Sachant que si je tombe enceinte une deuxième fois ça risque d’être la dernière, je profiterai de chacun des jours passés avec ce petit être dans mon ventre.

Je me dis aussi que le cerveau est très fort car il a dû occulter tous les mauvais côtés pour ne retenir que le positif car il faut bien l’avouer, ce n’est pas toujours agréable d’être enceinte selon les désagréments que l’on a. Non je n’ai pas aimé vomir jusqu’au cinquième mois, mais j’aimais ce lien si particulier, cette fusion, ce moment unique dans la vie d’une femme. L’attente que l’on connait toutes, ce saut dans le vide qui nous amène à la plus belle des rencontres.

L’accouchement

J’ai eu un bel accouchement mais ne sachant pas comment cela se passait, je me suis laissée porter par le personnel qui était très compétent. Toutefois j’aurais aimé avoir eu un peu plus d’écoute. Je n’avais pas assez de cran pour dire ce que je voulais réellement car tout simplement je n’osais pas, ou je ne savais pas que cela se faisait. C’était l’inconnu pour moi.

Ainsi lorsque les contractions de travail étaient intenses et douloureuses (je garde un souvenir ému de ces contractions en bas du dos et cette péridurale qui n’a pas vraiment eu le temps de faire son effet), j’ai eu une envie irrépressible de les soulager en me mettant sur le côté. Je ne me l’explique pas mais c’était presque un besoin vital. D’une part je n’ai pas osé leur dire car ils te mettent d’office dans la position gynécologique, et d’une autre part je me suis retrouvée coincée par tous ces fils branchés à moi. Bref j’ai eu cette impression d’être comme prisonnière sur ma table d’accouchement. Je sais que pour  éviter cela on peut éventuellement écrire un projet de naissance mais je n’étais pas assez informée pour cette première grossesse.

Le cododo et le portage

Vous le portez pendant 9 mois dans votre ventre et du jour au lendemain on vous demande de se séparer de lui. C’est bien trop brutal. Il n’y a que chez l’être humain que l’on vous oblige pratiquement à le faire car la société ne trouve pas ça bien et estime que cela donnera des enfants capricieux ou dépendants des parents. Dans le règne animal, cela est naturel et chez les singes le petit reste agrippé sur la mère pendant des mois entiers.

La première nuit loin de lui au retour de la maternité, j’ai pleuré. J’avais l’impression d’abandonner mon fils, je n’étais pas prête à couper le cordon une deuxième fois. Le cododo sera alors de la partie si j’en ressens le besoin.

Je profitais à fond des siestes de Monsieur bébé dans mes bras mais j’aurais voulu connaitre l’écharpe de portage plus tôt. Si j’ai un deuxième je pense que je pratiquerai le portage sans aucune limite.

L’allaitement

En ce qui me concerne c’est un gros point d’interrogation. Je n’ai pas allaité mon fils, je n’en ressentais pas l’envie ni le besoin. C’est pour cela que je parle rarement de ce sujet sur le blog, en partie pour éviter les jugements ou les débats sur l’allaitement. A force de lire des témoignages ou des articles, je me dis que je suis peut-être passée à côté de quelque chose. Je ne parle pas du fait que ça soit plus naturel ou autre, mais surtout de cette relation unique qu’il y a pendant une têtée. Je ne me fermerai donc aucune porte.

S’écouter et se faire confiance

Finalement c’est là tout l’essentiel. On peut s’informer et entendre ce qu’on vous dit, mais il est nécessaire de s’écouter et d’écouter son enfant. C’est moi qui connais le mieux mon enfant, pas toutes ces personnes qui voudraient imposer leur façon de penser. Je le sens quand il est fatigué, je le sens quand il veut ou ne veut pas telle chose qu’on essaye de lui imposer. Si j’ai envie de me lever à chaque fois qu’il pleure pour le consoler, je ne vois pas quel est le problème, si ce n’est lui montrer qu’il peut compter sur la personne qui doit être là pour lui.

Ne pas se laisser influencer sur la façon dont on veut élever notre enfant sous prétexte que l’entourage ne comprend pas. Quand il sera en mesure de faire ses propres choix il le fera, en attendant ce sont les parents qui sont les meilleurs guides pour leurs enfants.

Je pense que plus le temps passe, plus on a confiance dans nos choix de parents, même s’il n’est pas rare de voir pointer du bout de son nez Madame culpabilité. Par exemple à force de lire ou d’entendre des choses, je m’étais persuadée que j’étais une mauvaise mère car il ne marchait pas encore, que j’ai dû mal faire les choses. Avec du recul j’essaye de me dire que cette pensée est totalement fausse.

Je finis cet article en me disant que je ne peux remonter le temps tout comme je ne sais pas de quoi sera fait l’avenir. Tout simplement je crois que si je pouvais, je referais tout de la même façon, c’est-à-dire en suivant mon instinct et mon coeur.

Et vous, quelles sont les erreurs que nous ne reproduiriez pas avec un deuxième enfant ? Avez vous constaté un changement dans votre manière de faire entre le premier et le deuxième enfant ?