Ceux qui me suivent le savent, maman a repris le chemin du travail depuis un mois. Qui dit reprise, dit aussi première véritable séparation avec mon fils après de longs mois à être en tête-à-tête avec lui. Ce n’est jamais un moment anodin pour la mère comme pour l’enfant, c’est un peu comme couper le cordon une nouvelle fois. Il y a celles qui n’y arrivent jamais vraiment, d’autres qui ressentent ce besoin assez tôt pour se retrouver elles-mêmes.

chaussures bébé reprise du travail

Je me revois il y a environ un an, écrire cet article dans lequel j’avais le coeur en miettes à le laisser. J’en ai fait du chemin depuis. Je trouvais donc ça intéressant de vous faire partager mon expérience sur ma reprise du travail.

Se sentir prête

Il y a encore pas si longtemps que ça, j’étais angoissée à l’idée de devoir le laisser. Je crois que si on est pas vraiment prête, cela n’est pas pour rien. Quand on sent au fond de son âme que ce n’est pas le moment, il ne faut pas forcer les choses. J’aime parler de ce parallèle avec les animaux, mais sachez que chez les singes, le petit reste littéralement agrippé à la mère et ne la lâchera que quand il se sentira prêt et qu’il aura confiance. L’être humain est la seule espèce qui voudrait forcer une mère à se séparer de son enfant très tôt. Alors oui, pour certaines ce besoin aura une durée plus courte que pour d’autres, mais n’essayons pas de juger une mère qui souhaite rester avec son enfant un peu plus longtemps. J’ai aussi conscience que tout le monde n’a pas toujours le choix et je regrette que la société ne soit toujours pas adaptée aux mamans. Beaucoup d’entres elles doivent renoncer à leurs envies.

Pour me sentir prête j’y suis allée par étapes. On fait une adaptation à la crèche pour les petits, et si au final elle était aussi pour les parents ? Ainsi la séparation est moins brutale.

J’ai commencé à le laisser quelques heures de temps en temps. L’étape la plus difficile a été lorsque j’ai dû me rendre à Paris au salon des E-fluents : je devais tenir trois jours sans voir mon bébé et j’étais loin. Je ne vais pas vous cacher que la veille du départ, j’étais à deux doigt d’annuler. Au début c’est dur, et après ça va mieux.

J’ai ensuite travaillé en décembre, mais je pouvais rentrer manger avec lui le midi. A ce moment là je me suis rendue compte que même si j’étais bien à la maison, avoir un challenge, relever un défi, repousser ses limites, cela m’avait manqué.

Le cheminement a été long mais je me sentais enfin prête pour une reprise. J’ai donc recommencé à travailler et la séparation s’est faite tout doucement.

Quand cela est possible, n’enfouissez pas vos envies dans un coin de votre tête. Ne vous forcez pas. Jamais je ne regretterai d’avoir passé quasiment 20 mois avec lui, ce sont des moments tellement précieux qui n’appartiennent qu’à nous.

Accepter de ne pas avoir le contrôle

Lorsque l’on est parent, on espère donner ce qu’il y a de mieux à notre enfant. On a aussi beaucoup de principes et généralement, cela nous agace lorsque quelqu’un ne respecte pas la façon dont on voudrait élever nos enfants.

Il n’est pas rare que certaines situations fassent ressortir la mère louve qui est en nous, on sort les griffes. Faire garder son enfant c’est donc accepter le fait que l’on ne contrôle pas tout. Jamais personne ne fera exactement comme nous car en tant que maman, on connait son enfant par coeur.

Je pense que c’est un défi pour beaucoup de mamans de se dire que l’on ne peut tout contrôler.

La culpabilité

Ah ce sentiment qui vient avec le kit d’apprentissage des mamans. Vous savez cette lutte intérieure quand vous espérez avoir du temps pour vous et qu’à la minute où vous êtes seule, vous pleurez toutes les larmes de votre corps car votre enfant vous manque. Vous ne pouvez pas vous empêcher de regarder des photos de lui ou de penser à lui.

La culpabilité de manquer des instants avec lui, de se dire que peut-être je raterai sûrement « une première fois ».

La culpabilité de le laisser et d’avoir l’impression de l’abandonner quand il a le plus besoin de moi.

La culpabilité de vouloir avoir des moments seule car on a l’impression d’être une mère indigne si on apprécie ces petits moments de tranquillité. Bref je pense que vous voyez de quoi je parle.

Se retrouver face à soi-même

J’ai toujours été de nature solitaire, c’était presque un besoin vital de me retrouver seule. Très souvent cela effraie les gens de se retrouver face à soi-même, d’être face à ses doutes et à ses sentiments. Pour moi c’était le contraire, j’arrivais vite à étouffer dans le trop plein, dans un monde qui va sans cesse trop vite avec de la stimulation en permanence.

Devenir maman m’a fait aller au delà de mes limites. Un enfant vous pousse dans vos derniers retranchements.

Je m’étais habituée à ne plus jamais être seule et à tout faire avec mon gros bébé, puis j’ai repris le travail. Au départ j’étais un peu perdue, comme si une fois le rôle de mère enlevé, je n’avais plus aucune utilité. Se redécouvrir en quelque sorte. Oui cela fait aussi du bien de ne pas parler que de couches, d’être stimuler mentalement, d’échanger avec des personnes sur bien des sujets. Etre confrontée à des situations qui vous obligent à vous surpasser. Etre à nouveau fière de soi en se disant qu’on peut réaliser beaucoup de choses.

Depuis la naissance de mon fils, je n’avais jamais vraiment eu l’occasion d’écouter de la musique alors que j’adore cela. Faisant un peu de route pour me rendre au travail, j’adore mettre la musique dans la voiture, je savoure ce petit moment du quotidien (oui je l’avoue je chante aussi mais bon ça il ne faut pas trop l’ébruiter).

Vraiment profiter de lui

Je ne saurais l’expliquer mais quand on est à la maison on profite, mais ce n’est pas de la même façon. Là sachant que le temps que je passe avec lui dans une journée est réduit, je profite de chaque seconde à ses côtés. Le meilleur moment de la journée est quand je rentre le soir. J’entends sa petite voix derrière la porte et je n’ai qu’une seule envie : tout lâcher et courir le prendre dans mes bras pour le couvrir de bisous et sentir son odeur. Voir ce sourire illuminer son visage quand il me voit.

Avant il n’était pas rare que je râle, que je sois fatiguée quand il ne voulait pas manger ou qu’il pleurait. Je me rends compte que je deviens plus patiente avec lui.

C’est aussi pour ça que vous me voyez peu en ce moment, je ne veux rater aucun de ces précieux moments avec lui.

Au final, je pense que peu importe que l’on soit working girl ou mère au foyer, nous sommes toutes des mamans qui faisons notre maximum. Cela me paraissant insurmontable il y a encore un an et aujourd’hui une étape a été franchie.

Et vous comment s’est passée la reprise ?

reprise du travail image pinterest