La vie de parent est souvent parsemée de doutes. C’est comme se jeter dans le vide sans savoir vraiment où l’on va. On avance et on fait de notre mieux malgré une petite culpabilité qui pointe de temps en temps le bout de son nez. La plupart du temps on met de côté nos questions et on s’émerveille simplement de les voir grandir.

Seulement, avoir un enfant extraordinaire modifie la donne. Cela ne nous rend pas meilleurs, cela ne fait pas de nous des parents plus méritants. On ne peut juste avoir totalement la même vision que les autres sur l’avenir de nos enfants.

Ces jours de doute quand on est maman

J’ai déjà entendu que nous étions courageux, que nous avions accepté la nouvelle avec beaucoup de sagesse et de force. Je dirais que nous n’avons pas vraiment le choix et qu’il est nécéssaire de le faire. Cela évite de sombrer car si on se pose trop de questions, on ne s’en sort pas.

Et puis sachez une chose, personne n’aime se montrer vulnérable auprès des autres. Personne n’aime dire qu’il perd pied, ou qu’il a peur. C’est peut-être l’instinct de survie qui prend le dessus dans les moments difficiles.

Oui, la plupart du temps j’avance. La plupart du temps mon amour pour lui est ce qui prend le dessus, mais il y aussi ces jours. Ce sont des instants fugaces mais bien présents.

Je suis remplie d’espoir pour son avenir. Je me dis qu’il fera de grandes choses, qu’il nous surprendra. Et il y a ces jours, où je me dis que rien ne bouge, que rien n’évoluera et qu’il ne pourra mener une vie normale.

Il y a ces jours où j’en veux à la Terre entiere, où le mot pourquoi est suspendu sur le bout de mes lèvres. Je deviens alors jalouse des autres. Non pas parce qu’ils sont beaux ou riches, mais parce que je leur envie cette insouciance que je ne peux avoir. Ils s’extasient devant chaque progrès, angoissent devant un simple rhume quand moi je dois faire passer des examens médicaux à mon fils et que je ne sais même quand il marchera ou s’il parlera un jour.

Il y a ces jours où je culpabilise et je n’arrête pas de me dire que tout ceci est de ma faute. J’ai dû rater quelque chose. Je dois être une mauvaise mère.

Il y a ces jours où je suis plus fragile, le regard des gens devient pas dur à supporter. Quand du coin de l’oeil on te regarde au supermarché car il crie un peu trop fort et s’impatiente en te faisant passer pour la pire des mères car tu ne dis rien. Seulement cela reviendrait à dire à un nourrisson d’arrêter de pleurer, il ne comprend pas toujours. Ce n’est pas simplement un manque d’’éducation. Dans ces moments-là, je rêverais d’être dans un monde sans filtre où on pourrait dire ce que l’on veut aux personnes que l’on croise.

Il y a ces jours où j’ai cette fausse impression que mon fils ne m’aime pas tandis que moi je l’aime plus que tout. Il ne me dit pas maman, ne m’appelle jamais, mais pourtant son regard en dit long.

Il y a ces jours où ne rien ne va alors pendant l’espace d’une seconde, je me dis que je n’aurais jamais dû être mère.

Il y a ces jours d’épuisement pendant lesquels j’aimerais être seule et loin de tout ça.

En écrivant tout ça, je me rends compte d’une chose : peu importe que l’enfant soit extraordinaire ou non, tous les parents connaissent ces jours. Ces jours de doute, pendant lesquels vous vous sentez êtes la plus mauvaise des mères pour diverses raisons.

Il n’y a rien de plus culpabilisant de regarder autour de soi et de croire que toutes les autres mères y arrivent. Elles ont très certainement leurs failles aussi.

Et même si ces jours existent, ce ne sont pas eux que je retiendrai plus tard. Oh non je retiendrai tout ce que mon fils m’a apporté, ce que la maternité a changé en moi, et le plus important mon amour pour lui.

Alors pendant ces jours, je me focalise sur son sourire, ses yeux, sur tous ces moments passés avec lui car même si tout n’est pas facile, tout a un sens. J’ai envie d’avoir confiance malgré tout et de regarder vers l’horizon.

Et si vous aussi vous connaissez ces jours, je suis sûre que vous possédez les ressources nécessaires pour les affronter. Vous êtes de formidables parents. Tout le monde culpabilise ou se pose des questions. Vous n’êtes pas les seuls.

Et si cet article aura réussir à en rassurer certaines, alors ce jour n’aura pas été vain.

Je vous embrasse et vous dit à très vite pour un prochain article !

quand le doute et la culpabilité s'installent dans la vie de maman

Crédit photo de l’article : Pixabay